C’est « une peine sévère » qu’a prononcée le Tribunal pénal de première instance jeudi après-midi à Porrentruy, selon les propres termes de la présidente. La cour a déclaré l’homme, dont l’audience s’est tenue mardi, coupable de tentative d’assassinat sur son ex-compagne. Il écope de 11 ans de peine privative de liberté. Après des mois de conflits, un soir de février 2022, il l’avait poignardée à la sortie de son travail à Courgenay. Le quadragénaire affirmait vouloir renouer le dialogue pour revoir leur fille. Cette version des faits n’a pas été considérée comme crédible par les trois juges. Corinne Suter a expliqué que le Franco-Suisse a fait preuve d’un manque de scrupules. Il a prémédité ses actes, en s’assurant la présence de la victime à Courgenay, en se munissant d’un couteau de boucher et en se cachant sur les lieux. Il a agi avec froideur en lui tendant un piège et en trouvant, ensuite, des solutions pour sa fuite. La jeune femme a eu la vie sauve grâce à l’intervention d’un voisin. Sans lui, même le prévenu ignore ce qui serait arrivé.
Lors de l’altercation, l’ex-compagnon a passé sa rage sur la plaignante avec des coups de plus en plus forts et s’est attardé sur le visage et la gorge. Il s’était ainsi accommodé de causer sa mort. La présidente Corinne Suter a aussi relevé l’amplification des événements jusqu’au soir du drame et les antécédents de violence lors d’une précédente relation. Quand le diabétique évoque comme mobile l’envie de voir sa fille, la magistrate rappelle qu’il a eu des comportements inadéquats lorsqu’il en avait la garde en se rendant par exemple la nuit chez son ex-compagne pour l’épier. Pour la cour, c’est « un homme blessé dans son amour-propre avec un égo surdimensionné », qui a traité la victime avec cruauté.
Le prévenu devra aussi s’acquitter des frais de justice qui s’élèvent à près de 100'000 francs, ainsi que d’une indemnité de 40'000 francs pour tort moral. /ncp









