Les exportations horlogères en baisse après deux ans de hausse

Les exportations horlogères suisses ont connu leur première baisse significative en février ...
Les exportations horlogères en baisse après deux ans de hausse

Les exportations horlogères suisses ont connu leur première baisse significative en février après plus de deux ans de croissance importante

Les garde-temps les plus précieux ont été les moins touchés par le refroidissement constaté en février sur les exportations horlogères helvétiques (Photo : libre de droits) Les garde-temps les plus précieux ont été les moins touchés par le refroidissement constaté en février sur les exportations horlogères helvétiques (Photo : libre de droits)

Après deux années de croissance soutenue, les exportations horlogères suisses ont chuté de 3,8% en février 2024. Si les principaux marchés, les États-Unis (+5,5%), le Japon (+5,6%), Singapour (+3,3%), les Émirats arabes unis (+8,9%) et la France (+6,1%) ont maintenu un cap positif en février, ces progressions n’ont toutefois pas suffi à compenser le fort repli observé en Chine (-25,4%) et à Hong Kong (-19,0%); deux résultats qui tirent la tendance générale vers le bas. Sur deux mois, le niveau atteint est toutefois très proche de celui affiché une année auparavant (-0,7%).

Pas de surprise et pas d'inquiétudes

Pour autant, pas de quoi surprendre Yves Bugmann, président de la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH). « On peut dire que ces résultats rejoignent nos prévisions et en même temps il faut aussi un peu relativiser, après deux années records, la situation se normalise gentiment », explique-t-il. Le président de la FH rappelle également que pris sur deux mois, le niveau atteint est toutefois très proche de celui affiché une année auparavant (-0,7%). « Il faut aussi dire qu'il y a eu un effet de base défavorable, mais à ce stade je dirais qu'il n'y a pas de réelles inquiétudes à avoir pour la tendance à moyen terme », précise encore Yves Bugmann.

La Chine, marché toujours porteur ?

En août 2023 déjà, le marché chinois avait enregistré une forte baisse, tirant la tendance vers le bas, avant de retrouver un rythme plus positif. Quelle analyse peut-on tirer de ces fluctuations ? Pour Yves Bugmann, il faut rester prudent. « Pour le moment, il n'y a qu'un mois négatif en ce qui concerne la Chine » rappelle-t-il. « Cela dit, on sait que la situation économique en Chine reste compliquée, le secteur de l'immobilier souffre et cela a certainement aussi une influence sur le climat de consommation et sur la confiance des consommateurs en Chine », détaille encore le président de la FH. Pour autant, le potentiel en Chine reste très intéressant, autant pour le luxe que pour tous les autres segments de prix, souligne Yves Bugmann. « Les perspectives restent bonnes à moyen et long terme ».

Succès pour le bas de gamme

Autre constat intéressant, les exportations de montres dites « bas de gamme », se vendant à moins de 200 francs, enregistrent, elles aussi, une légère baisse (-1%), mais en comparaison, cette dernière est moins conséquente que dans toutes les autres gammes de prix, y compris dans les modèles de luxe à plus de 3000 francs. Un phénomène qui s'explique également par la normalisation de la situation après deux années exceptionnelles.

Le détail en chiffres

Au total, ce sont 1,2 million de garde-temps qui ont été exportés de par le monde, un volume qui a reculé de 5,2%, communique mardi la Fédération de l'industrie horlogère (FH) dans son relevé mensuel.

La baisse en valeur est principalement due aux montres en acier (-10,6%), à 726,2 millions, malgré leur progression en nombre de pièces (+3,1%). Les montres bimétalliques ont également décru en valeur (-4,9%), à 358,3 millions, en conséquence d'un recul en volume (-10,2%).

À l'opposé, les garde-temps faits d'autres métaux ont progressé en termes de valeur de 17,5%, à 146,7 millions, portées par une croissance en matière de volumes à 7,6%.

Quant aux montres en métaux précieux, elles sont restées stables en valeur (+0,2%), à 745,6 millions, en dépit d'une baisse du nombre de pièces de 3,2%. Par gamme de prix, la FH constate que les montres à moins de 200 francs (prix export) se sont maintenues à leur niveau de février 2023 en valeur (-0,4%), mais aussi en nombre de pièces (-0,1%).

La plus grande perte de valeur a affecté les garde-temps entre 500 et 3000 francs, avec une dégringolade de 14%, tirée par une chute des volumes de 12,2%. À l'inverse, la FH constate que les montres à moins de 200 francs (prix export) se sont plutôt maintenues à leur niveau de février 2023 en valeur (-0,4%), mais aussi en nombre de pièces (-0,1%).

Les catégories de montres entre 200 et 500 francs et plus de 3000 francs, ont été touchées par une diminution de valeur de respectivement -4 et -1,8%, alors que leur nombre de pièces a reculé de 8,4 et 6,1%.

L'an dernier, les envois de montres suisses à l'étranger ont progressé de 7,6%, à 26,7 milliards de francs. /rme


 

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