Chauffage, eau, entretien : les charges locatives ont fortement augmenté en Suisse l’année passée. A la lecture de leur décompte annuel, de nombreux locataires ont effectivement pu constater que le montant avait grimpé de plusieurs centaines de francs supplémentaires par rapport à 2022. « Ici, on voit que la personne a déjà payé 4800 francs durant l'année... et on lui demande de verser encore plus de 2500 francs de solde », prend, à titre d'exemple, l'avocate indépendante biennoise et conseillère juridique pour l'Association de défense des locataires (ASLOCA) Marie Moeschler.
Cette hausse est la conséquence de deux facteurs : d'une part, l'inflation, mais aussi de la guerre en Ukraine. Néanmoins, même si la marge de manœuvre semble mince, des pistes existent pour agir contre cette situation. Cela commence par contrôler le nombre de jours décomptés dans la facture, explique Marie Moeschler. Mais surtout, l'avocate conseille aux personnes concernées de faire opposition. Les locataires ont, pour cela, un délai de 30 jours à partir de la réception du décompte. Le mieux, selon elle, est d'envoyer une lettre en courrier recommandé pour des questions de preuves. « Il faut indiquer que vous vous opposez totalement à cette facture, ou en tout cas jusqu'à ce que vous ayez pu analyser et contrôler ces charges », ajoute-t-elle. Après vérification, si certains éléments paraissent toujours suspects, Marie Moeschler recommande de poursuivre l'opposition. « C'est un droit que chaque locataire possède, de pouvoir contrôler ses décomptes », insiste-t-elle. Comprendre ces factures peut toutefois s'avérer complexe, reconnaît l'avocate. Le secteur de l'immobilier manque de transparence dans ce domaine : « C'est très compliqué de contrôler si la somme est véritablement due... Les montants ne cessent d'augmenter et il n'y a bientôt plus de moyens pour se défendre », regrette Marie Moeschler.
Encore des hausses supplémentaires
Les charges représentent une augmentation de plus qui viennent alourdir le budget des ménages déjà plombé par d'autres hausses. Le comparatif en ligne bonus.ch rappelait mardi qu'en 2023, 33% des locataires ont par exemple subi une hausse des loyers.
Marie Moeschler n'entrevoit au final qu'une seule porte de sortie à cette spirale : « la politique doit se réveiller et rapidement mettre des choses en place pour les droits des locataires ». /ehe-amo
Ce sujet a été réalisé dans le cadre d’un cursus au sein du Centre de formation au journalisme et aux médias (CFJM)









