Quarante ans et de nombreux défis pour l’AJAM

L’Association jurassienne d’accueil des migrants fête cette année son 40e anniversaire. La ...
Quarante ans et de nombreux défis pour l’AJAM

L’Association jurassienne d’accueil des migrants fête cette année son 40e anniversaire. La structure a fortement évolué au fil des différentes crises migratoires

De gauche à droite : Gilles Froidevaux (directeur adjoint de l'AJAM), Eddy Houlmann (membre du comité), Suzanne Maître-Schindelholz (présidente) et Dino Belometti (directeur). De gauche à droite : Gilles Froidevaux (directeur adjoint de l'AJAM), Eddy Houlmann (membre du comité), Suzanne Maître-Schindelholz (présidente) et Dino Belometti (directeur).

Son histoire est jalonnée par les guerres et les conflits qui ont éclaté à travers le monde. L’Association jurassienne d’accueil des migrants fête cette année ses 40 ans. Plusieurs événements sont prévus pour marquer cet anniversaire, selon un programme présenté jeudi matin. À l’époque, la création de l’entité avait été proposée par le Gouvernement jurassien face à une hausse de la tension migratoire. Une assemblée constitutive a donné naissance le 5 novembre 1984 à l’Association jurassienne d’accueil des demandeurs d’asile (AJADA) avec Raoul Piquerez comme premier président. Trois foyers d’hébergement ont rapidement ouvert dans le canton.


Des hauts et des bas

À la fin des années 90, l’AJADA a dû faire face à sa première crise migratoire avec la guerre au Kosovo. Le Jura a accueilli quelque 1'000 demandeurs d’asile. Un creux a ensuite été enregistré, le nombre de personnes prises en charge a chuté à 280 et l’association a dû fermer de nombreuses structures et se séparer de plusieurs collaborateurs. En 2009, l’AJADA est devenue l’AJAM. Divers programmes ont été mis en place pour favoriser l’intégration socio-professionnelle des personnes migrantes, puis plusieurs vagues migratoires ont amené d’importants défis dont l’arrivée de 600 réfugiés ukrainiens depuis 2022. « Ces quarante années ont été assez variables. Depuis dix ans, nous sommes dans une configuration où nous accueillons beaucoup de monde », explique la présidente de l’AJAM, Suzanne Maître-Schindelholz. Entre janvier et décembre 2022, le nombre de personnes prises en charge a connu une augmentation de 54%, passant de 1'177 à 1'811.

Suzanne Maître-Schindelholz : « Des requérants arrivaient et il a fallu s’en occuper »

Des défis en perspective

L’afflux de demandeurs d’asile ne devrait pas faiblir en 2024. L’AJAM s’attend à voir arriver de nouveaux réfugiés ukrainiens. Par ailleurs, une vague importante de mineurs non-accompagnés en provenance d’Afghanistan, de Syrie ou encore d’Erythrée est observée depuis deux ans. L’association prévoit de rénover le foyer de Courtételle pour leur offrir une trentaine de places supplémentaires. « Les projections des flux migratoires et l’arrivée de Moutier font qu’on doit encore prévoir une augmentation de notre personnel », souligne le directeur de l’AJAM, Dino Belometti. Le nombre d’employés a déjà dû être doublé ces deux dernières années.

Dino Belometti : « Nous nous approchons des 2'000 bénéficiaires »

Un conseiller fédéral en visite

La journée officielle des 40 ans de l’AJAM se déroulera le 6 juin à Delémont. Une table ronde est notamment au programme sur la politique d’asile de la Suisse. L’Association jurassienne d’accueil des migrants recevra également la visite du conseiller fédéral en charge de l’asile, Beat Jans, le 29 août. Elle sera, par ailleurs, l’invitée d’honneur de la Foire du Jura du 18 au 27 octobre. /alr


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