Davantage de fermes bio dans un marché qui stagne

BioJura a tenu lundi à Saules son assemblée générale. L'association observe une stabilisation ...
Davantage de fermes bio dans un marché qui stagne

BioJura a tenu lundi à Saules son assemblée générale. L'association observe une stabilisation même si tous les produits ne sont pas logés à la même enseigne

Les membres de BioJura avaient rendez-vous à Saules lundi. Les membres de BioJura avaient rendez-vous à Saules lundi.

« Se maintenir dans un marché compliqué est déjà une première victoire ». Co-président de BioJura, Joan Studer entend se montrer rassurant quant à la situation actuelle des produits d'origine biologique. Lundi, les membres de l'association ont convergé vers Saules pour leur assemblée générale. L'occasion d'évoquer les perspectives pour 2024. Mais aussi de passer en revue l'année écoulée.

Une année qui n'a pas été de tout repos, comme l'a expliqué le comité de BioJura. Le marché a passablement stagné et certains produits, à l'image de la viande de porc et des œufs, ont vécu des moments particulièrement difficiles. Tout n'est toutefois pas noir dans ce tableau et certaines cultures ont eu (et vont encore avoir) le vent en poupe. C'est le cas notamment des betteraves sucrières, dont les producteurs sont recherchés. « Il y a une forte demande pour le sucre bio suisse », confirme Joan Studer, qui précise que la chaîne jurassienne possède les conditions idéales pour ce végétal.

Joan Studer : « Les pionniers ont fait un gros boulot »

Les céréales panifiables connaissent, elles aussi, une tendance favorable. Face à cette situation, le marché du bio peut se permettre d'accueillir davantage d'acteurs, relève le co-président. Ainsi, l'an dernier, BioJura a accueilli dix nouveaux domaines et a enregistré cinq départs.

Du côté de la production de lait, une situation inédite en 20 ans s'est produite : l'offre ne répond pas à la demande. En cause : un cahier des charges pour les ruminants devenus plus sévère mais aussi une météo maussade, détaille le président de la commission du lait de BioSuisse Thomas Herwig.

Thomas Herwig : « On est dans une situation ‘confortable’ »

Les agriculteurs peuvent entrevoir le futur avec une certaine sérénité dans ce domaine. Alors que le prix du litre de lait payé aux producteurs a grimpé de 7 centimes en 2023, une demande a été faite pour que celui-ci augmente encore de 3 centimes en 2024.


Du bio pas cher qui inquiète

L'arrivée d'une nouvelle offre de l'une des principales enseignes de Suisse risque par ailleurs d'alimenter prochainement les discussions du monde de l'agriculture biologique. Cela a d'ailleurs été le cas lundi à Saules. Coop a, en effet, décidé de lancer une gamme de produits bio à bas prix. Mais pour arriver à maintenir des tarifs bas, le magasin va devoir importer « des biens européens, qui répondent à un cahier des charges inférieur à ce que nous avons en Suisse », reprend Joan Studer.

Joan Studer : « Je pense que cela peut inquiéter le monde agricole en général »

Prises de position

Une chose est néanmoins sûre : l'année 2024 a démarré sur les chapeaux de roues pour BioJura tout comme pour le reste du monde agricole avec les révoltes qui secouent depuis janvier plusieurs pays, dont la Suisse. Joan Studer, lui, reconnaît que même si les conditions de travail sont différentes, les revendications sont les mêmes, que l'on soit « bio » ou « conventionnel ».

La politique va d'ailleurs revenir sur la table des membres de BioJura prochainement avec l'initiative « biodiversité » qui sera votée en septembre par le peuple. Aucun mot d'ordre n'a été décidé ce lundi, le comité veut d'abord sonder sa base avant de définir sa position.

Joan Studer : « On fait le même métier, même si on a une vision différente »

/amo


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus