Il a atteint un record mardi en dépassant les 10'000 dollars la tonne, dans un contexte de hausse généralisée des charges. Les artisans jurassiens doivent parfois répercuter l’augmentation sur leurs produits
Le chocolat devient de plus en plus un produit de luxe. À quelques jours de Pâques, le prix du cacao a atteint un record mardi en dépassant les 10'000 francs la tonne. Cette tendance à la hausse amorcée l’année passée est propulsée par les pénuries d’approvisionnement en provenance des pays producteurs d’Afrique de l’Ouest, notamment en raison de conditions météorologiques difficiles. Cette situation se répercute sur les chocolatiers, mais les artisans de la région ne sont toutefois pas les plus touchés. Ceux que nous avons contactés sont unanimes : cette hausse du prix du cacao n’est pas aussi grave pour eux que pour les vendeurs de la grande distribution. Le coût de la matière première a augmenté, mais cela reste gérable aux vues des quantités produites annuellement et des pertes moins importantes : « On doit s’adapter aux prix. Je n’ai pas augmenté mes tarifs depuis plusieurs années, car c’est plus compliqué à faire assimiler au client en étant à la campagne et non dans une grande ville. Si on est artisan, on peut s’en sortir en proposant de la qualité », explique Bernard Colomb, qui espère que le métier de chocolatier a encore de l’avenir, alors que le réchauffement climatique pourrait péjorer l’offre.
Hausse généralisée du coût de la vie
Certains ont répercuté les quelques pourcentages de hausse, qui s’accompagne d’un accroissement général des charges, sur leurs produits. « On a subi une hausse de 20% en 2023. On a essayé de retenir l’augmentation au maximum en la limitant à 5% du kilo sur notre assortiment. On ne remarque pas de grands changements au niveau de la demande. Les gens recherchent toujours la qualité et sont d’accord de payer un peu plus cher », confie Mario Piccina, qui s’attend à une nouvelle hausse des coûts de la matière première en avril.
David Parrat remarque, lui, une baisse des ventes dans un contexte économique plus morose. Les clients sont désormais un peu plus regardant, les friandises les plus chères n’ayant plus forcément la cote. « Cela ne sert à rien de mettre en vente un lapin de Pâques au-dessus de 30 francs. L’augmentation du prix du cacao n’a pas énormément d’impact pour nous, car cela fait depuis nos débuts que nous travaillons avec un fournisseur suisse qui achète du cacao Fairtrade directement aux producteurs locaux et qui coûtait déjà plus cher qu’un cacao produit de manière moins éthique. De plus, le cacao ne représente que 30% du prix de vente, à quoi s’ajoutent la main-d’œuvre et les frais d’entreprise ». /emu









