Les batraciens apprennent-ils à éviter les routes ?

La période de migration des batraciens des forêts aux points de pontes touche à sa fin. De ...
Les batraciens apprennent-ils à éviter les routes ?

La période de migration des batraciens des forêts aux points de pontes touche à sa fin. De nouveaux questionnements sur leurs habitudes émanent des spécialistes de la faune

Pour rejoindre leurs lieux de reproduction, les batraciens traversent parfois la route et risquent d'être écrasés. (Photo d'illustration libre de droits) Pour rejoindre leurs lieux de reproduction, les batraciens traversent parfois la route et risquent d'être écrasés. (Photo d'illustration libre de droits)

Entre février et mars, les routes sont dangereuses pour les batraciens, qui traversent en grappe, mus par l’instinct de reproduction aux abords des points d’eau. Et avec les effets du réchauffement climatique et les hivers doux, leurs habitudes ont changé.

Ils sortent de leur hibernation pour démarrer leur migration à partir de cinq degrés, ce qui complique le travail des bénévoles œuvrant à l’installation de barrages près des routes. « Ces dernières années, la migration est plus étalée dans le temps à cause d’une météo en dents de scie, avec des températures en dessus de cinq degrés déjà à partir du mois de janvier », note Léon Bickel-Pasche le président de La Libellule, l’association de protection de la nature active dans le Jura bernois depuis plus de 30 ans. La structure organise des actions comme le relevé et sauvetage des batraciens au printemps à Bellelay.

Léon Bickel-Pasche : « La migration est de moins en moins regroupée »

De nouveaux questionnements

Si les chiffres des relevés de ces actions de sauvetage sont en cours d’analyse, une observation prévaut déjà depuis plusieurs années. « On compte moins d’individus ayant entrepris une migration, ce qui soulève beaucoup de questions. Y a-t-il des populations qui disparaissent peu à peu ? », se questionne Léon Bickel-Pasche. Difficile, selon lui, de répondre à cette question pour l’instant, sans mesures précises effectuées.

Les spécialistes se demandent également si les crapauds, grenouilles et autres amphibiens ont la capacité d’apprendre de leur environnement. « On peut se demander s’ils pourraient avoir un certain apprentissage collectif. Au fil des années où ils rencontrent un barrage sur la route de leur migration, ils pourraient privilégier d’autres itinéraires », ajoute Léon Bickel-Pasche. Une question qui est pour l'instant à l'état d'hypothèse uniquement. /jse


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