L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a célébré jeudi ses 75 ans d’existence. L’ancien brigadier de l’armée suisse et conseiller personnel de l’ancien ministre de la Défense Ueli Maurer, relève que même si elle garde tout son sens, l’organisation ne fonctionne pas sans les États-Unis
Trois quarts de siècle pour l’OTAN. L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord a été fondée le 4 avril 1949 par douze pays d’Europe et d’Amérique du Nord pour contrer la menace soviétique. Elle en compte actuellement trente-deux. La Suisse a le statut de pays associé, tout comme l’Ukraine. Daniel Berger, ancien brigadier de l’armée suisse et conseiller de l’ancien ministre de la Défense d’Ueli Maurer, a relevé, vendredi dans La Matinale RTN, que l’organisation gardait tout son sens, même 75 ans après sa création. « C’est vraiment une alliance militaire très importante qui a été créée pour défendre, pas pour attaquer. Ce qui veut dire que l’idée de Monsieur Macron (ndlr le président français Emmanuel Macron) d’aller en Ukraine dépasse l’objectif de l’OTAN. » Ce qui veut dire que l’OTAN fournit des armes à l’Ukraine pour se défendre, mais pas pour attaquer. Il y a certains systèmes « qui ne vont pas en Ukraine parce qu’on pourrait tirer sur Moscou et ce n’est pas l’idée de base. »
Entretien avec Daniel Berger
Jeudi, lors d'une cérémonie marquant les 75 ans de l'Alliance atlantique, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a conjuré les États-Unis de rester proches des Européens. Daniel Berger explique que « sans les États-Unis, cette alliance militaire ne fonctionne pas. Les Européens n’ont pas les moyens logistiques (…) pour remplacer les États-Unis. En plus, les États-Unis donnent beaucoup d’argent, mais aussi beaucoup de systèmes d’armes. » Donald Trump, candidat à la Maison-Blanche, a déjà annoncé que « s’il est élu, il exigera que chaque pays membre investisse 2% de son Produit intérieur brut dans son armée. » Ce qui n’est de loin pas le cas de la majorité des états membres de l’OTAN. Daniel Berger précise aussi que ce n’est pas tellement l’Europe qui préoccupe les États-Unis. L’inquiétude est plutôt du côté de la Chine. « Le risque est là. Il faut savoir que l’OTAN ne va pas s’occuper de la menace de la Chine. Mais les efforts principaux des Américains en matière d’observation, de défense ou de prise de position c’est la Chine. Parce que la Chine menace les États-Unis. C’est en tout cas ce que ressentent messieurs Trump et Biden. » Quant à savoir si la Suisse devrait adhérer à l’OTAN, la constitution ne le permet pas. « L’article 3 du traité dit que chaque pays doit être capable de se défendre. Là on pourrait dire d’accord. Mais l’article 5 relève qu’il faut aussi être prêt à aller défendre les autres. (…) Et ça, c’est contre notre constitution. » /sma









