Le 7 avril 1994 marque le début du génocide des Tutsis au Rwanda. Un massacre qui aura fait un million de morts en 100 jours. Aujourd’hui, un travail de mémoire est fait pour tenter d’empêcher qu’un tel événement ne se reproduise
« Se souvenir, s’unir et continuer à vivre », c’est un des slogans qui résonne ce dimanche à l’heure de commémorer les 30 ans du génocide des Tutsis par les Hutus au Rwanda. Un massacre qui aura fait entre 800'000 et un million de morts en 100 jours, entre le 7 avril et le 17 juillet 1994.
Neuchâtelois d’adoption, Emmanuel Mbayiha a perdu la quasi-totalité des membres de sa famille lors de ce génocide. A l’époque, il étudiait à l’étranger ce qui lui a probablement sauvé la vie. Il milite aujourd’hui pour préserver la mémoire de ces événements et la partager. Ceci afin que jamais plus de tels massacres ne se reproduisent.
Emmanuel Mbayiha : « On doit apprendre de ce qui s’est passé au Rwanda »
Au travers d’une double exposition à voir jusqu’au 14 avril au Péristyle de Neuchâtel, Emmanuel Mbayiha et la communauté rwandaise de la région ont tenté de comprendre, sur un siècle d’histoire, ce qui a mené au génocide. Une des leçons qu’il en tire aujourd’hui, c’est le poids des mots, ceux qui stigmatisent et qui s’immiscent insidieusement dans les discours. Un phénomène qui l’inquiète quand il voit aujourd’hui les réseaux sociaux et tout ce qui y pullule.
Emmanuel Mbayiha : « Une fois que le discours est en place et qu’il n’est pas condamné, la prochaine étape, c’est la vraie violence »
Les mots sont importants, c’est aussi le cas quand on parle, à tort, du « génocide rwandais ». Un raccourci contre lequel les victimes continuent aujourd’hui de lutter.
Emmanuel Mbayiha : « Il faut appeler un chat, un chat. Des Tutsis ont été exterminés pour ce qu’ils sont : des Tutsis »
Aujourd’hui au Rwanda, Tutsis et Hutus vivent à nouveau côte à côte, comme avant le génocide. Il n’est d’ailleurs plus question de différencier les deux groupes de population. Reste que si la réconciliation continue de faire son chemin, il faudra encore du temps pour que le vivre ensemble soit réel, selon Emmanuel Mbayiha. /rgi












