« A contre-courant », « disproportionné » : AgriJura affiche son mécontentement face aux nouvelles mesures d’économies annoncées ce jeudi par le Gouvernement jurassien. L’Etat a pris des décisions de sa compétence pour dégager 12 millions de francs visant à compenser le non-versement des 11,4 millions de la BNS au budget 2024.
Tous les départements sont concernés dans cet effort que l’exécutif a voulu collectif. Mais le secteur agricole se sent lésé, lui qui rappelle avoir déjà casqué dans le Plan équilibre. Il indique que les nouvelles coupes touchent l’élevage, le CABI et les projets de développement régional, pour un total de 260'000 francs (20% des réelles mesures d’économies). « L’agriculture était l’un des secteurs les plus touchés l’année passée dans le Plan équilibre et il l’est à nouveau. C’est d’ailleurs le seul secteur que l’on peut lister qui est à nouveau touché. Le Gouvernement a indiqué ne pas vouloir prendre des mesures supplémentaires contre le personnel de l’Etat, qui déjà fait un effort important dans le cadre du Plan équilibre. On aurait souhaité les mêmes paroles envers le milieu agricole, qui a aussi fait des efforts importants ces dernières années », soulève le directeur d’AgriJura François Monin.
« Le dindon de la farce »
Pour la Chambre d’agriculture, « les mesures qui touchent le secteur remettent en cause le travail responsable mené par les organisations agricoles dans le cadre du Plan équilibre ». Et François Monin de préciser : « On a l’impression d’être le dindon de la farce. Si on avait accepté la coupe de 600'000 francs dans l’élevage – proposée au départ par le Gouvernement jurassien – nous n’aurions peut-être pas eu cette ponction supplémentaire de 150'000 francs. Notre ressenti, c’est la déception d’avoir voulu travailler avec l’exécutif cantonal et les services de l’Etat pour trouver des mesures qui satisfassent tout le monde en touchant le moins possible le milieu agricole ».
AgriJura indique encore que les décisions du Gouvernement vont à l’encontre des décisions du Parlement. « Le législatif s’était engagé par une résolution, en mars dernier, au maintien des dépenses liées à l’agriculture ». /rch-comm









