Quand Boncourt accueillait des enfants fuyant la guerre

A travers des témoignages et des photographies, une exposition du Musée jurassien des arts ...
Quand Boncourt accueillait des enfants fuyant la guerre

A travers des témoignages et des photographies, une exposition du Musée jurassien des arts et d’histoire revient sur l’époque où Boncourt accueillait des réfugiés fuyant le régime nazi. L’exposition veut aussi intéresser les jeunes générations

De gauche à droite : Philippe Turrel, Marie-Thérèse Boîteux, Nathalie Fleury, Olivier Tschopp et Régis Burrus. De gauche à droite : Philippe Turrel, Marie-Thérèse Boîteux, Nathalie Fleury, Olivier Tschopp et Régis Burrus.

C’est un pan de l’histoire de la région qui veut inspirer les jeunes générations. Le Musée d’Art et d’Histoire de Delémont a vernis mardi soir sa nouvelle exposition temporaire. Elle s’intitule : « 1942-1944 : Boncourt, un dilemme suisse » et s’intéresse à l’action de plusieurs habitants de Boncourt, dont la famille Burrus durant la Seconde guerre mondiale qui ont aidé des réfugiés à passer la frontière. L’exposition a été conçue par la Fondation Novandi et se veut la prolongation du livre du même nom publié par Philippe Turrel publié en 2022. « A travers ces éléments on va entrer dans un pan peut-être un peu méconnu de l’histoire de Boncourt » explique Nathalie Fleury, conservatrice au Musée jurassien d’art et d’histoire.

Nathalie Fleury : « On entre dans un pan peut-être méconnu de l'histoire de Boncourt »

Des montagnes de tartines à Boncourt

A l’automne 1944, 13'500 enfants français fuyant la guerre ont été accueillis en Suisse. Boncourt a été un témoin privilégié puisque des habitants ont facilité ces passages. La famille Burrus a notamment accueilli de nombreux enfants, qui sont ensuite partis à Bâle puis ont été placés dans des familles. Parmi-eux, il y avait Marie-Thérèse Boiteux. Elle avait tout juste 5 ans à l’époque. « J’ai grandi avec l’idée que le froid et la faim c’était normal, se souvient-elle. Pour moi, tout était normal, je n’avais jamais rien connu d’autre. » Elle raconte comment l’enfant qu’elle était vivait la guerre, un quotidien souvent interrompu par les alertes où il fallait courir se cacher pour éviter les bombes. Et puis, en 44, suite à un appel de la Croix Rouge, des milliers d’enfants sont autorisés à fuir en direction de la Suisse. Marie-Thérèse Boîteux quitte alors sa famille, accompagnée de son oncle de 14 ans. « On a voyagé dans un camion poubelles jusqu’à Delle. Et nous avons été accueillis par la famille Burrus à Boncourt. Je me souviens qu’il y avait des montagnes de tartines. On n’avait jamais vu ça. » Marie-Thérèse Boiteux passera finalement 6 mois dans une famille de Kirchberg avant de retourner en France à la fin de la guerre.

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Une exposition à l’attention des écoles

L’exposition aura aussi un écho dans les écoles de la région. Le Service de l’enseignement a profité de l’occasion pour mettre sur pied des visites organisées conçues sous la forme d’ateliers. Un document pédagogique sur les réfugiés durant la Seconde guerre mondiale est également en cours d’élaboration. « Ce thème fait partie du plan d’études romand, il est adapté aux collégiens, il y a un condensé d’émotions magnifique dans ces histoires, explique Julien Tschopp, coordinateur cantonal pour l'histoire. De plus, les Boncourtois et Boncourtoises qui sont mis en avant dans ces histoires sont des héros et des héroïnes. Les jeunes peuvent s’y identifier. » /tna

Julien Tschopp : « Les jeunes peuvent s'identifier à ces Boncourtois et Boncourtoises »


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