L’audace d’hier à retrouver pour demain

La cérémonie officielle marquant le 50e anniversaire du plébiscite du 23 juin 1974 a réuni ...
L’audace d’hier à retrouver pour demain

La cérémonie officielle marquant le 50e anniversaire du plébiscite du 23 juin 1974 a réuni le gratin politique du canton au Théâtre du Jura, en présence de la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider.

Les invités officiels défilent dans les rues de la vieille ville de Delémont avec au premier rang les huissiers cantonal et fédéral entourant Rosalie Beuret Siess, Elisabeth Baume-Schneider et Pauline Godat. (Photo : Georges Henz) Les invités officiels défilent dans les rues de la vieille ville de Delémont avec au premier rang les huissiers cantonal et fédéral entourant Rosalie Beuret Siess, Elisabeth Baume-Schneider et Pauline Godat. (Photo : Georges Henz)

Quelques 400 personnes réunies dans un lieu que le Jura ne connaîtrait pas sans avoir fait l’expérience de la souveraineté. C’est au Théâtre du Jura que s’est tenue dimanche matin la cérémonie officielle marquant les 50 ans du plébiscite d’autodétermination qui a vu pleuvoir la liberté sur la région le 23 juin 1974.

Cette cérémonie a rappelé que le Jura est devenu canton grâce à des militants, des politiques, mais aussi des artistes… Les organisateurs ont joué la carte de la modernité et du futur. Les quatre discours ont été entrecoupés par des prestations du prodige de la clarinette Milo Voisard ; des élèves de cette spécificité si jurassienne, et probablement inexistante sans le 23 juin, la Matu Théâtre qui ont retracé magnifiquement l’Histoire ; ou encore de Sim’s auteur d’une chanson inédite sur « cette grande patrie des grandes gueules », chantée avec la soprano Léonie Renaud. Le tout lié avec talent et humour par Laura Chaignat, maîtresse de cérémonie.

Les élèves de la matu théâtre ont démontré l’énergie de la jeunesse dans leur prestation. (Photo : Georges Henz) Les élèves de la matu théâtre ont démontré l’énergie de la jeunesse dans leur prestation. (Photo : Georges Henz)

La prouesse oratoire de P.-A. Comte

S’il faut faire ressortir quelques éléments marquants des discours, on mettra en bonne place la démonstration oratoire de Pierre-André Comte. L’emblématique secrétaire général du Mouvement autonomiste jurassien (MAJ) n’a pas lu une seule phrase, récitant son texte par cœur dans un phrasé de haut vol et une verve fugueuse. Il a notamment déclaré « qu’il faut trouver un moyen de relancer un élan patriotique ».

Pierre-André Comte : « J’ai senti vibrer cette âme jurassienne. »

Pierre-André Comte a délivré un discours sans en lire un seul mot. (Photo : Georges Henz) Pierre-André Comte a délivré un discours sans en lire un seul mot. (Photo : Georges Henz)

L’appel à l’audace de Rosalie Beuret Siess

Alors que la morosité gagne la République ces derniers temps, la présidente du Gouvernement a profité de ce jour de fête pour lancer un véritable « appel à l’audace », mot que Rosalie Beuret Siess a prononcé plusieurs fois et que Pauline Godat, présidente du Parlement et Elisabeth Baume-Schneider ont repris aussi. La conseillère fédérale a par ailleurs salué les efforts sans relâche de tous les acteurs de l’époque qui ont permis la naissance du canton. « Le combat jurassien a été gagné par la persuasion et non par la contrainte », s’est félicitée la cheffe du Département fédéral de l’intérieur, qui a dit son émotion de se retrouver sur ses terres. 

Pauline Godat : « Si on avait la même énergie maintenant, … »

Pauline Godat s’est exprimée en tant que première citoyenne du canton du Jura. (Photo : Georges Henz) Pauline Godat s’est exprimée en tant que première citoyenne du canton du Jura. (Photo : Georges Henz)

Le Jura est né dans la douleur, « comme toutes les naissances », a relevé Rosalie Beuret Siess, grâce à l’audace des pionniers. Plusieurs d’entre eux se trouvaient dans la salle, notamment les membres encore vivants du premier Gouvernement. Heureux d’être là, Pierre Boillat (PDC) a fait part de sa gratitude envers toutes celles et ceux qui ont contribué à la création du canton et appelle les autorités actuelles à faire preuve de courage pour assainir les finances de l’Etat.

Pierre Boillat : « J’ai un sentiment de joie. »

Le Jura aura besoin de l’audace de celles et ceux qui le font vivre aujourd’hui pour poursuivre son chemin de jeune canton suisse et accueillir Moutier. « Cet accueil a certes un prix, mais Moutier est avant tout un cadeau », a encore déclaré Rosalie Beuret Siess. Le maire de la cité prévôtoise était évidemment présent. Marcel Winistoerfer s’est montré ému et avoue avoir été pris aux tripes par cette cérémonie. /clo-alr

Marcel Winistoerfer : « On veut tellement venir... »


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