Davantage d’entreprises de la région ont fait des demandes de chômage partiel durant le moi de juin. Pour la chambre de commerce et d’industrie du Jura, le ralentissement se confirme, mais l'optimisme reste de mise.
Les incertitudes géopolitiques continuent de peser sur l’industrie jurassienne. Le secteur enregistre une baisse de ses activités. Cette situation est notamment due aux incertitudes liées à la situation géopolitique mondiale ainsi qu’à un ralentissement économique en Allemagne et en Chine, deux clients importants pour notre industrie d’exportation, selon le directeur de la Chambre de commerce et d’industrie (CCIJ) du Jura Pierre-Alain Berret. Et cela se traduit naturellement dans le fonctionnement des entreprises de la région. Entre mai et juin, les demandes de recours au chômage partiel (RHT) ont augmenté. Le mois passé, 38 entreprises ont fait appel à la RHT, contre 34 en mai. Ces demandes, acceptées par le service cantonal de l’économie et de l’emploi, représentent 1’994 emplois, contre 1’550 un mois auparavant. À noter tout de même qu’il s’agit de demandes, et qu’elles n’ont peut-être pas toutes été réalisées dans les faits.
Cependant, ces chiffres traduisent bien le ralentissement économique qui touche la région. Mais le directeur de la CCIJ tient également à nuancer. « On a toujours dans le tissu économique des entreprises qui vont très bien et d’autres qui ont plus de difficultés. Cela peut dépendre des secteurs et du positionnement des entreprises. Mais on sent bien que d’une manière générale l’activité est moins forte qu’il y a une année par exemple. »
Pierre-Alain Berret : « Les RHT servent d'ammortisseur. »
Chômage en baisse, RHT en hausse
Cette frilosité des marchés ne se ressent toutefois pas dans les chiffres cantonaux liés à l’emploi. Le taux de chômage dans le canton du Jura a très légèrement diminué en juin. Une baisse de 0,1 point pour s’établir à 3,9%. Le taux est quasiment stable, alors que les demandes de RHT des entreprises augmentent. Mais la situation n’est pas contradictoire selon Pierre-Alain Berret, ils reflètent même bien la réalité économique du moment. « Les chiffres du chômage montrent que l’on n’est pas dans le creux d’une dépression, ce n’est pas une situation dramatique pour la plupart des entreprises. Mais elles font appel aux RHT pour faire face à cette situation. Ce système évite précisément de devoir licencier du personnel pour éventuellement le réengager lorsque l’activité reprend. Cela sert d’amortisseur. Si les demandes RHT augmentent, cela évite de se reporter sur le taux de chômage. »
Pierre-Alain Berret : « Les entrepreneurs gardent des perspectives positives à moyen et long terme. »
Signes de reprise et de confiance
Malgré la situation, l’optimisme reste de mise. « On a eu ces derniers jours des nouvelles positives en provenance de l’Allemagne. On reste confiants et on espère que l’activité reprendra dans le courant du deuxième semestre. Mais cela dépendra de l’activité géopolitique mondiale et du cours du franc suisse. » Les baisses successives des taux directeurs de la BNS ont apporté une petite bouffée d’oxygène à l’industrie d’exportation jurassienne. « Le franc suisse a malgré tout repris sa tendance à la hausse après la première baisse. C’est une petite bouffée d’oxygène, mais cela ne va pas changer la tendance de fond de cette monnaie qui reste forte. »
Autre signe qui démontre la confiance en l’avenir des entreprises jurassiennes : les projets d’agrandissement et d’investissement qui continuent de fleurir. « C’est important de le relever. Dans cette période plutôt calme de la conjoncture, il y a beaucoup d’entreprises qui investissent, qui agrandissent ou construisent de nouveaux locaux. C’est un signe que ces entrepreneurs ont confiance en l’avenir et gardent des perspectives positives à moyen et long terme » se réjouit Pierre-Alain Berret. /tna









