Nichée dans les verts pâturages du Mont-Girod, sur les hauteurs de Champoz, la Fête de Mont-Girod, traditionnel rassemblement politique des anti-séparatistes du Jura bernois, a vécu ce weekend sa 50e édition. Une cuvée 2024 empreinte de nostalgie puisque la fête, dans sa forme politisée, ne reviendra plus. Avec le départ de Moutier dans le canton du Jura le 1er janvier 2026 et la fin de la Question Jurassienne d’un point de vue institutionnel, l’événement n’a plus lieu d’être, argumente le Groupe Sanglier, organisateur de l’événement.
Une page qui se tourne
« L’événement a rassemblé jusqu’à 5000 personnes dans ce pâturage extraordinaire », rappelle Manfred Bühler, conseiller national UDC. Une page qui se tourne ? À n’en pas douter, mais le maire de Cortébert se refuse à se laisser aller à trop de nostalgie. « C’est vrai que c’est un petit pincement au cœur de voir cet événement se terminer mais je crois que c’est dans l’ordre des choses », souligne-t-il. Et de conclure « Nous verrons si le côté jurassien respecte aussi cet engagement à déposer les armes ».
Manfred Bühler : « C’est une page qui se tourne mais une belle page »
La fin de Force Démocratique ?
Si les anti-séparatistes semblent prêts à « déposer les armes », du moins en ce qui concerne la Fête de Mont-Girod, qu’en est-il de Force Démocratique ? Le mouvement, qui fête d’ailleurs également ses 50 ans d’existence cette année, est-il aussi appelé à disparaître une fois le transfert de la ville de Moutier effectué ? « Nous étions à deux doigts d’envisager la dissolution de ce mouvement après le départ de Moutier, mais il est vrai que les événements du 23 juin dernier à Delémont nous ont montré que dans l’esprit d’une minorité, la Question Jurassienne n’est pas close », détaille Jean-Pierre Graber, président de Force Démocratique.
Jean-Pierre Graber : « Peut-être serons-nous contraints, contre notre volonté, de poursuivre notre activité »
Les panneaux de la colère
Effectivement, l’affaire des panneaux des localités du Jura bernois, volés et réapparus sur un char en tête de cortège du 23 juin dans la capitale jurassienne, a du mal à passer. L’événement est vécu comme une provocation chez les dirigeants probernois. À l’approche du vote sur le Concordat, le 22 septembre prochain, l’affaire fait également naître quelques inquiétudes. « Je considère que vu la réponse très molle du Gouvernement jurassien au délit du Groupe Bélier, il y a beaucoup de soucis à se faire sur la crédibilité de la signature des jurassiens sur le Concordat », souligne Manfred Bühler. Le conseiller national appelle d’ailleurs d’ores et déjà la population à refuser le document. Du côté de Force Démocratique, on est plus partagé sur ce sujet. Difficile d’ailleurs de savoir si une consigne de vote sera donnée aux membres. « Une moitié du comité est très clairement pour la liberté de vote, alors que l’autre souhaite ardemment que nous prenions position pour le non », avoue Jean-Pierre Graber.
Jean-Pierre Graber : « Nous ne pourrons pas donner de consigne claire pour le vote du Concordat car nous sommes totalement partagés »
Le Sanglier veillera au grain
Et le Groupe Sanglier dans tout ça ? Va-t-il lui aussi disparaître comme la Fête de Mont-Girod qu’il a organisé jusqu’ici ? « C’est la fin d’un cycle mais pas la fin de l’histoire ni la fin du combat », prévient Loïc Girod, président du Groupe Sanglier. À l’avenir, le mouvement est appelé à se recentrer sur d’autres projets plus pertinents, notamment en premier lieu l’organisation des commémorations du 50e anniversaire du plébiscite du 16 mars 1975, qui auront lieu l’an prochain. Il promet aussi de rester vigilent, notamment d’ici à la fin de l’année en vue de la votation populaire sur le Concordat. /rme









