Les étudiants partis à l’étranger pour réaliser leurs études d’ostéopathie font face à de nombreux défis administratifs au moment de faire reconnaitre leur diplôme en Suisse. Dans certains cas, il faut compter au moins huit mois pour pouvoir pratiquer.
Les étudiants suisses qui ont décroché un diplôme d’ostéopathie à l’étranger doivent s’armer de patience pour le faire reconnaître. Ils sont toujours aussi nombreux à vouloir entrer dans la branche, mais les places dans la formation helvétiques sont toujours limitées. A Fribourg, unique école suisse, seule une trentaine d’élèves seulement sont retenus chaque année à la Haute-Ecole en ostéopathie. Résultats, nombreux sont les étudiants qui partent à l’étranger pour être formés. Toutefois, leur retour en Suisse est souvent compliqué.
Description du processus avec Loïc Georgy :
Un long processus administratif
Pour faire reconnaître son diplôme, il faut passer par la Croix-Rouge Suisse. Quentin Bourquard, ostéopathe à Delémont, fait partie des personnes qui ont fait appel à ses services, lui qui a étudié à Strasbourg. Après cinq ans d’études, il a décroché son papier lors de l'été 2023. Après avoir envoyé de nombreux documents, ainsi qu’un contenu détaillé des cours suivis, il a dû attendre huit mois pour que les résultats de l’analyse de la Croix-Rouge ne tombent.
« Ils ont ainsi pu me dire ce qu’il me manquait pour avoir la reconnaissance directe », explique le Jurassien qui a par la même occasion reçu l’autorisation de pratiquer en Suisse depuis le mois d’avril, mais il n'a pas encore la reconnaissance complète. Il devra encore compléter sa formation. La question se pose de savoir si toutes ses démarches n’auraient pas pu être anticipées ? Et la réponse est non, puisque ce processus est sujet à des changements réguliers. C’est d’ailleurs ce que la Croix-Rouge Suisse répond quand on souhaite se renseigner sur les démarches à faire. Elle n’est pas autorisée légalement à transmettre ces informations, sauf aux personnes qui sont concernées par l’obtention d’un diplôme récent. Il faut donc s’armer de patience et attendre son tour.
Une formation complémentaire
Pour être officiellement reconnu, place à présent à la suite de la formation et pour cela, il y a deux options, selon Katia Iglesias, responsable de recherche dans la filière ostéopathie à la Haute-Ecole de Fribourg. Soit une voix de mesures compensatoires où le jeune homme suivra des cours à la Haute-Ecole durant deux ans, soit il tente de passer l’examen directement, mais cette façon de faire est risquée, car en cas de double échec, il verrait ses espoirs d’être reconnu en Suisse anéantis. La première option est donc la plus prisée, mais les places sont, elles aussi, limitées. Quentin Bourquard doit par exemple attendre 2025 pour commencer les cours qui s’étalent sur deux ans. C’est donc un véritable chemin de croix pour faire valider ce papier et ce n’est pas toujours facile à vivre. « C’est long et trouver du travail en ne sachant pas combien de temps on va attendre, c’est dur, mais ça l’est aussi pour les potentiels employeurs qui n’ont pas de délai sur lequel s’appuyer », explique celui qui a eu la chance de trouver un employeur prêt à l’attendre.
Du côté de la Haute-Ecole de Fribourg, on n’exclue pas la possibilité d’augmenter le nombre de place dans les années à venir pour la formation suisse, une solution qui limiterait ce type de désagrément. /lge









