À Sonvilier, les opposants au projet éolien des « Quatre Bornes » ont lancé vendredi leur campagne en faveur du « non », un mois tout juste avant la votation.
Le projet de centrale éolienne des « Quatre Bornes », un dossier sensible et émotionnel qui divise. Pour rappel, c’est la deuxième fois en quatre ans que les citoyens de Sonvilier sont appelés à se prononcer sur cette question. Après un refus de la population en 2020, à cinq voix près (286 voix contre 281), un nouveau vote a été autorisé par le Tribunal fédéral en mai dernier suite au recours de 25 citoyens de la commune.
Un déni de démocratie
« Le respect de la démocratie est le premier enjeu de la votation à venir », lancent d’entrée les opposants au projet éolien des « Quatre Bornes », rappelant dans la foulée que la population avait rejeté le projet éolien en septembre 2020 et qu’aucun nouvel élément ne justifie aujourd’hui de revoter. « Cette nouvelle votation est un véritable déni de démocratie », dénoncent les membres de « Sauvez l’Echelette ». Se basant sur des documents obtenus grâce à la loi sur la transparence, l’association accuse notamment les autorités communales d’avoir entrepris les premières démarches auprès de l’Office des affaires communales du Canton de Berne (OACOT) en vue d’une deuxième votation, à peine une semaine jour pour jour après la première votation. « Où est le processus démocratique si la population dit non à un parc éolien et qu’une semaine après, la maire de la commune contacte l’OACOT pour lui demander s’il y avait une possibilité de repartir en votation », relève l’ex-skieur Didier Cuche, habitant de la commune de Sonvilier et membre de l’association « Sauvez l’Echelette ».
Didier Cuche : « La démocratie ça se respecte, ce n’est pas aux autorités communales de donner cette impulsion et de se poser cette question. »
Contactée par téléphone, la maire de Sonvilier, Rosemarie Jeanneret explique ne pas avoir cherché à orchestrer une quelconque conspiration. « Certains citoyens nous ont dit qu’ils avaient voté contre le projet parce que pour eux, il y avait peut-être des éléments qui n’étaient pas très clairs donc ça nous a interpellé et c’est vrai qu’on s’est approché de l’OACOT pour savoir s’il y aurait eu moyen de revoter », précise encore l’élue.
Rosalie Jeanneret : « Le Conseil communal s’est interrogé sur le peu de voix de différence et aussi de savoir pourquoi le projet avait été refusé. »
Huit arguments pour convaincre
Mais revenons au cœur du projet. Les membres de l’association « Sauvez l’Echelette » entendent bien confirmer le premier verdict de 2020. Pour se faire, un argumentaire en huit points a été dévoilé, à tout juste un mois de la nouvelle votation. Les opposants au projet évoquent notamment le fait que le projet n’a connu aucune modification depuis 2020, contrairement à ce que prétend le comité d’initiative. Le plan de quartier mis en votation comprend exactement le même nombre de machines, soit 7 sur le territoire de Sonvilier. La prétendue suppression d’une éolienne est un effet de manche destiné à faire croire que le projet a été amélioré pour tenir compte des opposants, averti l’association. Autre argument déployé, les éoliennes n’apportent aucune réponse aux défis énergétiques actuels. Le comité « Sauvez l’Echelette » rappelle que leur production est très faible et évoque le parc éolien de Mont-Crosin, à titre de comparaison, qui ne couvre que 0.1%, soit un pour mille de la consommation électrique suisse. Quant à l’autonomie énergétique avancée par les promoteurs, rien n’est plus faux, martèlent les opposants au projet, tout en expliquant que le courant produit par le parc des « Quatre Bornes » sera injecté dans le réseau haute tension aux Hauts-Geneveys (NE), d’où il alimentera le Canton de Neuchâtel et le Plateau. « Pas un seul kilowattheure ne profitera à Sonvilier ou au Jura bernois », prévient Didier Cuche. Et de conclure en rappelant qu’il existe d’autres alternatives et que le meilleur moyen de faire des économies d’énergie est avant tout d’éviter le gaspillage.
Didier Cuche : « Parler de sécurité énergétique avec ce projet, c’est un pur mensonge. »
Les résultats de cette deuxième votation sont attendus pour le 22 septembre. /rme









