Un homme de 39 ans comparait depuis mardi devant les juges à Moutier. On lui reproche d’avoir tiré à six reprises sur le conjoint de son ex-compagne. La victime a survécu.
C’est une affaire de tentative d’assassinat qui occupe depuis ce matin le Tribunal Jura bernois-Seeland, à Moutier. Un homme de 39 ans comparaît devant les juges. Il est accusé d’avoir ouvert le feu sur l’ami de son ex-compagne, sans le tuer. Et ce n’est pourtant pas une question de jalousie. Le prévenu et son ex étaient séparés depuis 2015. Ils avaient deux enfants. Selon le dossier, l’ambiance s’est détériorée lorsque la compagne a émis le souhait de partir habiter à l’étranger avec son nouveau conjoint, ce qu’elle a fait en 2021, séparant le prévenu de sa progéniture. Des messages inscrits au dossier font état de la colère de l’accusé, qui a à plusieurs reprises écrit à sa famille son désarroi grandissant et tenu des propos qui laissaient penser à un futur acte violent. Ce sera chose faite un après-midi de novembre 2022. Le prévenu s’est rendu compte, sur une photo postée sur les réseaux, que son ex et sa famille était en visite chez son propre père en France voisine. Père avec qui il était en froid. Il s’est rendu sur les lieux par surprise. S’en est suivie une vive dispute. Il a été jeté dehors de la maison, s’est fait dire que ses enfants ne voulaient plus le voir – ce que ces derniers lui auraient confirmé de vive voix. Le prévenu est reparti en voiture, s’est arrêté non loin de là avant de revenir armé. C’est là qu’il a ouvert le feu à plusieurs reprises sur le conjoint de son ex, lequel a été grièvement blessé, avant de s’enfuir pour finalement se rendre à la police à Moutier dans la nuit.
Deux discours opposés
Toutes les parties ont été entendues mardi. A commencer par la victime qui s’en est miraculeusement sortie. Le jeune homme a parlé durement du prévenu. Il a évoqué de nombreuses menaces, menaces de mort parfois, avec en toile de fond la prétendue volonté du prévenu de garder contact avec son fils et sa fille. Du dossier, on comprend que la relation entre l’accusé, son ex et le mari de cette dernière ont souvent été tendues, conflictuelles. Avec d’une part un couple qui estime avoir tout fait pour permettre au père de garder le lien avec ses enfants tout en voulant protéger ceux-ci des excès de violence du géniteur, d’autre part un prévenu qui affirme qu’on a manipulé les petits pour les lui soustraire. Le drame de novembre 2022 aura été le coup de sang de trop. Un pétage de plomb dans un moment de détresse. « Je voulais simplement revoir mes enfants après une année et demie de séparation et de lettres mortes », a-t-il expliqué.
Au tribunal donc de juger de l’aspect passionnel de cette affaire, ce qui aura un impact sur la durée de la peine. L’audience se poursuit ce mercredi avec les plaidoiries. /oza









