L’antidote utilisé en cas d’intoxication aux amanites phalloïdes est en rupture de stock, c'est ce qu'a annoncé lundi Tox Info Suisse, le service de consultation officiel pour toute intoxication. Il est donc impératif de faire contrôler les champignons par des spécialistes surtout en cette période de cueillette.
L’antipoison utilisé en cas d’intoxications aux amanites phalloïdes n’est pas disponible ni en Suisse ni à l’étranger, et ce, jusqu’à mi-novembre au moins. Tox Info Suisse urge les amateurs de faire impérativement contrôler toute cueillette par un organe officiel de contrôle des champignons.
Chaque année, le Service d'aide médicale d'urgence recense plusieurs centaines de cas d'intoxications aux champignons, dont quelques cas graves. Les intoxications aux amanites phalloïdes qui ne sont pas traitées de façon appropriée peuvent être mortelles. Cependant, il est important de souligner que l'antipoison n'est donné que dans certains cas et il est parfois trop tard pour qu'il soit efficace.
Qu'en est-il de la région?
Dans la région du jura bernois, les amanites phalloïdes ne sont pas nombreuses. Elle le sont, en revanche, beaucoup plus dans le jura. « Elles se trouvent, la plupart du temps, dans les régions de basse altitude et aux bords des lacs. Il y en a par exemple dans la région de Bienne mais aussi dans la région de Moutier », explique Jean-Pierre Monti, contrôleur de champignons dans le Jura bernois, à Tavannes. Mais en cette période de cueillette, la prudence est d’autant plus de mise.
Jean-Pierre Monti : « C'est le plus dangereux de nos champignons ! »
Une histoire de champignon
Des amanites phalloïdes, Jean-Pierre Monti en a déjà eu sous les yeux avant d'être contrôleur, en tant que simple amateur. C'est d'ailleurs ce qui l'a orienté à se former en tant que contrôleur officiel par la suite. « C'est le plus dangereux de nos champignons! On le reconnaît à sa couleur verte pâle et toujours plus pâle vers la fin de sa vie. Il a un anneau et une volve à la base du pied », alerte le contrôleur. Si vous partez à la cueillette aux champignons, il est primordial de ne pas enlever le pied du spécimen et de ne pas trop le manipuler pour faciliter le contrôle fait par les spécialistes. « Un contrôleur doit absolument savoir reconnaître une amanite phalloïde », estime le passionné de champignons. Outre l'amanite phalloïde, d'autres champignons possèdent des toxines mortelles telles que la galère marginée ou encore certaines lépiotes.
Apprendre à faire la différence
Selon Jean-Pierre Monti, le champignon toxique peut facilement être confondu avec la russule charbonnière, la russule verdoyante, le tricholome prétentieux ou encore avec le tricholome disjoint. Donc prudence si le moindre doute survient ! Surtout que les symptômes des amanites phalloïdes n'apparaissent pas tout de suite, mais généralement entre 4 et 12 heures. « Il s'agit surtout de troubles intestinaux tels que des maux de ventre et des vomissements. S'ensuit une pause d'un jour environ avant la phase finale. Les cellules du foie et des reins sont ensuite détruites, il y a de graves problèmes d'intestin et cela touche également le cerveau », explique le Tavannois.
Ils pullulent sur les réseaux sociaux
Depuis quelques années, les amateurs de champignons ont adopté une pratique qui se révèle être dangereuse : poster des photos de leur cueillette sur les réseaux sociaux en espérant recevoir une expertise. « C'est un peu la catastrophe. Les conseils et analyses sont souvent erronés, ça peut causer de graves accidents. Cela peut être utile pour orienter les internautes, mais on ne peut jamais être sûr avec les réseaux sociaux », s'alarme le contrôleur de champignons à Tavannes.
Afin de limiter au maximum le nombre de dommages potentiellement graves pour la santé, la population est invitée à faire contrôler tous les champignons cueillis soi-même dans un poste de contrôle. Les adresses de ces lieux dans le voisinage sont disponibles sur www.vapko.ch. /mbe









