Les agriculteurs jurassiens face à la langue bleue

La propagation de la maladie est très forte dans le canton. Les exploitations enregistrent ...
Les agriculteurs jurassiens face à la langue bleue

La propagation de la maladie est très forte dans le canton. Les exploitations enregistrent des décès, des avortements et des pertes de lait, alors qu’elles espèrent l’homologation prochaine d’un vaccin.

La propagation de la maladie de la langue bleue continue dans le Jura. (Photo : archives). La propagation de la maladie de la langue bleue continue dans le Jura. (Photo : archives).

La propagation de la maladie de la langue bleue est actuellement très forte dans le Jura. Cela a un impact « conséquent » sur les agriculteurs de la région, selon le vétérinaire cantonal jurassien. À ce jour, 20% des quelques 1’000 exploitations du canton sont sous séquestre. Une trentaine de bovins et 65 moutons ont péri, a indiqué mercredi Laurent Monnerat à l'agence de presse Keystone-ATS. Le taux de mortalité s'élève à trois pour mille pour la première catégorie d'animaux et 2% pour la deuxième, ce qui reste très en deçà des taux enregistrés dans les pays voisins où la maladie s'est propagée plus tôt dans l'année, précise-t-il.

Ces pertes sont compensées à hauteur de 90% de la valeur animale par la caisse épizootie du Canton. Mais les agriculteurs doivent faire face à d'autres pertes, les mesures mises en place pour limiter la propagation réduisant la production laitière, la vente et le trafic des animaux. À cela s'ajoutent encore les frais vétérinaires. « Nous avons des bêtes qui ont été malades avec des symptômes de pneumonie. On a aussi eu des avortements et là c’est des pertes économiques assez fortes, car une bête qui avorte à 6-7 mois ne va pas produire de lait », illustre Sylvain Quiquerez, agriculteur à Grandfontaine et représentant d'AgriJura au sein du comité de gestion de la caisse épizootie.

Sylvain Quiquerez : « On ne produit pas le lait qu’on produirait en temps normal. »

Les mesures ont été allégées en concertation avec les autres cantons et l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires pour permettre de rétablir des canaux du marché, indique le vétérinaire cantonal Laurent Monnerat. Les exploitants laitiers peuvent ainsi par exemple confier leurs veaux en surplus aux fermes d'engraissement, à condition que ces veaux soient certifiés en bonne santé par un vétérinaire.

Si le moucheron responsable de la propagation de la maladie devait disparaitre avec l’hiver, il pourrait revenir au printemps. Les agriculteurs jurassiens craignent que les cas ne soient alors encore plus nombreux l’année prochaine, à l’image de ce qu’ont vécu les pays voisins. « Notre objectif serait de pouvoir faire homologuer le vaccin avec lequel travaille les pays voisins et de vacciner à l’échelle nationale, ce qui permettrait d’éviter les problématiques de séquestre et de diminuer les pertes d’animaux », conclut Sylvain Quiquerez. /ats-emu

Signes cliniques de la langue bleue. (Photo : Service des affaires vétérinaires). Signes cliniques de la langue bleue. (Photo : Service des affaires vétérinaires).

Signes cliniques de la langue bleue. (Photo : Service des affaires vétérinaires). Signes cliniques de la langue bleue. (Photo : Service des affaires vétérinaires).


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