Le changement climatique a des conséquences significatives sur de nombreuses activités de plein air, et le parapente ne fait pas exception. Tom Bollinger, responsable de L’école de vol Zorro de Nods, souligne que les conditions climatiques extrêmes rendent les vols de plus en plus difficiles. « C’est plutôt dur de savoir si c’est le changement climatique, mais ce qui arrive chez nous, ce sont des conditions toujours plus rudes. Ce sont des coups de vent, des orages, et ça c’est vraiment l’ennemi du parapente », déclare-t-il.
Sur le Chasseral, orienté nord-sud, le vent venant de l’ouest entraîne souvent des conditions défavorables, accentuées par l’absence de reliefs protecteurs dans les environs. «Autour du Chasseral, il n’y a rien qui est plus haut. Donc on n’est pas protégé. On est vraiment exposé», explique l'instructeur. En conséquence, la région subit fréquemment des vents forts du sud-ouest, empêchant les parapentistes de prendre leur envol. Pour que les aérophiles puissent s’élever, ils ont besoin de courants ascendants, des masses d’air chaud qui leur permettent de monter. «S'il n’y a pas d’ascendance ou pas de vent, il y a un certain taux de chute, 1,5 m par seconde. Du coup, le vol depuis Chasseral jusqu’à Nods par exemple, ne dure que 5 à 10 minutes s’il n’y a pas d’ascendance, » précise-t-il.
Tom Bollinger : « Ce type de météo peut être formateur, mais c’est là où on prend des risques »
Le parapente n'est pas sans dangers. Tom Bollinger met en garde contre les risques que présente le vent : «Si le vent est de la même force que notre vitesse horizontale, cela s’annule. On fait du sur place. On a alors le risque de voler en marche arrière. Et ce n’est pas cela que l’on recherche; nous, on veut aller de l’avant quand on est dans les airs.»
Dépendance climatique et adaptation nécessaire
Lorsqu'une météo défavorable s'installe, la demande de vols en parapente chute considérablement. En effet, cette année, l'entreprise de vol a constaté en 2024 une diminution de 20% à 30% par rapport aux années précédentes. «Du fait que tout le business d’une école de parapente tourne autour de la météo, au moment où celle-ci est moins bonne, il y a moins de demandes et moins de possibilités de voler», observe-t-il. /ehe-fga