Et pourquoi pas de l'huile d'olive indigène

Développer la culture de l’olivier dans notre région : organisateur du Marché aux truffes, ...
Et pourquoi pas de l'huile d'olive indigène

Développer la culture de l’olivier dans notre région : organisateur du Marché aux truffes, Frank Siffert y croit dur comme fer. L’agriculteur nord-vaudois mène des tests variétaux à cet effet.

Frank Siffert devant ses premières olives.  Frank Siffert devant ses premières olives. 

Produire de l’huile d’olive en Suisse romande : c’est le projet lancé par Frank Siffert. L’agriculteur de Bonvillars, dans le Nord vaudois, peut se définir comme un précurseur. Il s’était déjà fait connaître pour avoir développé une trufficulture : il organise d’ailleurs le 26 octobre son 16e Marché aux truffes. 

Mais après la truffe, place à l’olive : Frank Siffert croit très fermement à une culture dont l’origine remonte à 8'000 ans avant J.-C. Avec le réchauffement climatique, l’aire de répartition de cette essence méditerranéenne remonte naturellement vers le Nord et c’est ce qui rend l’olivier très intéressant : « Il faut savoir qu’il existe plus de 2'000 variétés d’olives dans le monde. Le climat est tout à fait adapté maintenant ». Frank Siffert est convaincu de sa démarche : « Il faut recenser les variétés les plus adaptées à notre région. C’est là qu’il faut développer notre recherche ».

Frank Siffert : « Il y a des variétés à 700m d'altitude. »

Frank Siffert a planté depuis 2019 quelques soixante oliviers d’une dizaine de variétés différentes. Son projet bénéficie du soutien de BioVaud, l’association faîtière des producteurs et productrices bio du canton de Vaud. L’agriculteur de Bonvillard insiste aussi sur l’intérêt de planter des oliviers. « C’est une essence peu exigeante. Elle s’adapte sans difficulté aux terrains pauvres et secs. Elle nécessite peu de traitement ».

Les premiers tests menés par Frank Siffert sont intéressants. Pour s’en rendre compte, il faut l’accompagner dans sa jeune plantation : « C’est assez bizarre, regardez cette arbre », lance-t-il avec enthousiasme. « C’est la première fois que j’ai autant d’olives et en plus elles présentent deux tailles différentes. Il y en a des petites noires et tendres ainsi que des vertes qui sont plus grosses ».

« Je n’ai pas fait le moindre traitement. »

Si Frank Siffert a l’esprit novateur et adore faire des essais, il n’est pas un précurseur en Suisse. Au Tessin, la culture de l’olivier remonterait à l’époque romaine. Il n’en restait toutefois que des reliques avant que cette pratique ne soit relancée, il y a une trentaine d’années, selon un article de Swissinfo. Depuis septembre 2021, l’huile d’olive du Tessin figure d’ailleurs dans l’inventaire du patrimoine culinaire suisse : « En Suisse romande, cette culture est encore anecdotique, mais elle suscite un intéressant croissant », relève encore Frank Siffert, qui peut citer plusieurs exemples de vignerons qui ont tenté le pari de l’olive. Il est trop tôt pour affirmer que leur récolte a porté ses fruits ou non.

« Il y a plus de 7'000 arbres au Tessin. »

Dans le canton de Neuchâtel, Yann Huguelit, directeur de la Chambre neuchâteloise d’agriculture et de viticulture, n’a pas connaissance d’un producteur qui s’est lancé dans l’oléiculture : « C’est intéressant, mais cela reste un marché de niche. Il est difficile d’imaginer pouvoir le développer à une échelle importante. Notre territoire est exigu ». A part sur le Littoral, le canton ne se prêterait que difficilement à l’oléiculture. /mne


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