Le collectif des riverains-propriétaires du Tabeillon a envoyé une lettre ouverte à plusieurs responsables cantonaux. Il demande un moratoire de dix ans interdisant tout prélèvement d’eau.
Les besoins en eau pour le projet de géothermie profonde refont parler à Haute-Sorne. Le collectif des riverains-propriétaires du Tabeillon a transmis lundi une lettre ouverte à plusieurs responsables cantonaux, dont le ministre de l’Environnement, David Eray. Le document conteste les données prises en compte à l’époque dans le rapport d’impact et estime qu’elles ne tiennent pas suffisamment compte du réchauffement climatique. L’entité demande un moratoire de dix ans interdisant tout prélèvement d’eau dans le Tabeillon.
Les valeurs estimées il y a une dizaine d’années par l’Office jurassien de l’environnement ne correspondent pas à la réalité, selon le collectif. Ce dernier a, en effet, mené ses propres études. Il a notamment observé les débits journaliers du Tabeillon entre mai 2023 et octobre 2024 ainsi que les relevés pluviométriques de la station MétéoSuisse de Saignelégier. Sur ces bases, le collectif estime que le débit du Tabeillon est trop faible lors de certains mois pour permettre des prises d’eau dans le cadre du projet de géothermie profonde.
Si une station de mesure a bien été installée en avril sur le Tabeillon, le collectif pense qu’il faut compter une dizaine d’années pour disposer d’une vision correcte de la situation. Il demande ainsi d’instaurer un moratoire de dix ans avant tout octroi de concession de prise d’eau.
Aucune concession demandée à l’Etat
Contacté, le ministre de l’Environnement, David Eray, indique que les autorités cantonales partagent les préoccupations du collectif. Il est toutefois difficile d’en dire davantage pour l’instant sachant qu’aucune concession n’a été accordée, ni même demandée. David Eray précise qu’il n’est pas forcément nécessaire d’attendre dix ans pour disposer de données fiables. Il est possible, selon lui, de faire une extrapolation à partir d’une station similaire en se basant sur les mesures enregistrées durant une année.
Le collectif à l’origine de la lettre ouverte regroupe une vingtaine de propriétaires de parcelles riveraines du ruisseau, tous résidents de Bassecourt. /alr









