Photo: KEYSTONE/PETER KLAUNZER.
Pour la première fois de son histoire, Bienne sera dirigée par une femme francophone. La conseillère municipale socialiste Glenda Gonzalez Bassi a été élue à la mairie de la plus grande ville bilingue de Suisse. Elle a devancé la candidate de droite Natasha Pittet.
Glenda Gonzalez Bassi succédera le 1er janvier 2025 au socialiste Erich Fehr qui ne se représentait pas. La candidate du Parti socialiste romand (PSR) a récolté 5848 suffrages, talonnée de près par sa rivale du Parti radical romand (PRR) qui a obtenu 5640 voix.
Bastion socialiste depuis près de 50 ans, la mairie reste donc de justesse en mains du parti de gauche. La nouvelle mairesse de 56 ans a pu compter sur le soutien des Vert-e-s, les socialistes ayant conclu une alliance avec les écologistes sous la bannière de la liste Bienne solidaire.
"Enfin, une femme accède à la mairie!", a réagi la politicienne d'origine chilienne après l'élection, soulagée. Selon elle, ce vote serré s'explique par le fait que son adversaire PLR est allée chercher des voix dans le camp de la gauche durant la campagne.
Avec 38,83%, la participation était un peu plus élevée que lors du premier tour le 22 septembre (35,9%).
Deuxième maire francophone
Un autre élément est particulièrement à souligner dans l'élection de dimanche: ce n'est que la deuxième fois qu'un élu francophone prend les rênes de l'exécutif, après plus de 60 ans. Un seul francophone a occupé ce poste, Edouard Baumgartner de 1948 à 1960.
C'est un signe important pour la minorité francophone qui constitue aujourd'hui près de 44% de la population. Ce pourcentage est en hausse depuis plusieurs années dans la cité bilingue.
Etre francophone, c'est aussi appartenir à une culture différente de la majorité germanophone, selon Glenda Gonzalez Bassi. Cela se ressentira dans sa manière de gérer la mairie. Mais dès le 1er janvier, la socialiste espère pouvoir avant tout "gouverner dans un conseil municipal apaisé suite à ces longues élections" et "réussir à fédérer toutes les couleurs politiques autour d'un projet commun: notre ville et sa population".
Première femme a diriger Bienne, Glenda Gonzalez Bassi estime qu'il ne s'agit pas d'un défi supplémentaire : "on pourrait le dire pour toute fonction qui a été traditionnellement majoritairement masculine."
Glenda Gonzalez Bassi :
Déception et fierté
Natasha Pittet, elle, a félicité sa rivale tout en soulignant le bon résultat qu'elle a elle-même obtenu dans ce bastion socialiste. Celle qui a récolté près de 720 voix de plus qu'au premier tour dit donc osciller entre déception et fierté. Entrée au Conseil municipal en avril 2023 à la suite de la démission de la PLR Silvia Steidle, la Vaudoise d'origine a pu compter sur une alliance bourgeoise regroupant la droite et le mouvement citoyen Avenir Bienne.
La prochaine étape sera la répartition des Directions au sein de l'exécutif. Accédant à la mairie, Mme Gonzalez Bassi laisse le département qu'elle dirigeait depuis 2021, celui de la formation, de la culture et du sport. Le collège mènera des discussions et annoncera la nouvelle répartition courant décembre.
Lors du premier tour le 22 septembre, la population biennoise a réélu les quatre conseillers municipaux qui souhaitaient rempiler: en plus des deux candidates à la mairie, la Vert-e-s Lena Frank et l'UDC Beat Feurer. Le cinquième siège, celui laissé vacant par Erich Fehr, est revenu à la socialiste alémanique Anna Tanner. Avec une composition politique inchangée, l'exécutif de la plus grande ville bilingue de Suisse reste donc ancré à gauche.
/ATS-jse








