La situation en Syrie décryptée par un professeur de l'UniNE

Le régime dictatorial de Bachar Al-Assad est tombé dimanche en Syrie. Aujourd’hui, le pays ...
La situation en Syrie décryptée par un professeur de l'UniNE

Le régime dictatorial de Bachar Al-Assad est tombé dimanche en Syrie. Aujourd’hui, le pays doit se reconstruire après plus de 50 ans de règne de la famille Al-Assad. Mais à quoi le peuple syrien doit-il s’attendre ? On fait le point avec Jordi Tejel, professeur en histoire contemporaine à l'Université de Neuchâtel et expert du Moyen-Orient.

Une photo de Bachar Al-Assad est enlevée de la façade de l'aéroport international d'Alep. (Photo : AP / Omar Albam). Une photo de Bachar Al-Assad est enlevée de la façade de l'aéroport international d'Alep. (Photo : AP / Omar Albam).

La chute de Bachar Al-Assad plonge la Syrie dans l’inconnu. Un demi-siècle de règne sans partage du clan Al-Assad a pris fin dimanche à Damas. Aujourd’hui, de nombreuses questions émergent. Le nouvel homme fort du pays, Abou Mohammad Al-Jolani, leader du groupe rebelle HTS, est un ancien djihadiste. C’est donc un ex-membre d’Al-Qaïda qui se présente comme favori pour remplacer un dictateur. La chute de Bachar Al-Assad est-elle réellement une libération pour le peuple syrien ?

« Le régime de Bachar Al-Assad est responsable de la torture de ses opposants et de massacres de masse depuis 2012. Mais il y a une certaine incertitude. On ne sait pas si on va vers le meilleur ou le pire », explique Jordi Tejel, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Neuchâtel et spécialiste du Moyen-Orient.

Une autre crainte est de voir un scénario semblable à celui de l’Irak : « Après la chute de Saddam Hussein, il y a eu une guerre civile qui a duré au moins quatre ans. On se demande si, en Syrie, ce sera également le cas », ajoute Jordi Tejel.

Jordi Tejel : « Bachar Al-Assad a utilisé l’arme chimique contre son peuple. »

Qu’attendre du groupe rebelle HTS et de son leader Al-Jolani ?

Le nouvel homme fort de Syrie, Abou Mohammad Al-Jolani, de son vrai nom Ahmed Al-Charaa, est le leader du groupe rebelle HTS mais également un ancien djihadiste. Il s’agit donc d’un ex-membre d’Al-Qaïda qui se présente comme favori pour succéder au déchu Bachar Al-Assad, dans un pays où les incertitudes sont omniprésentes.

« Il ne faut pas oublier que la Syrie est un pays caractérisé par une grande diversité ethnique et religieuse. La vision qu’Al-Jolani adoptera sur cette question est une incertitude », déclare Jordi Tejel.

Afin d’unifier le peuple syrien, le prochain dirigeant devra réussir à unir une population marquée par une forte multiculturalité. « Al-Jolani a su faire preuve de pragmatisme depuis un certain temps, en s’éloignant d’Al-Qaïda et de l’État islamique pour adopter une position plus nationaliste », commente le professeur de l’Université de Neuchâtel. /yca

« Il n’est pas exclu qu’on assiste à d’autres transformations de ce personnage pour qu’il puisse devenir le prochain homme fort de la Syrie. »


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