La classe politique jurassienne accueille avec soulagement le versement de 16,6 millions de francs par la BNS au Canton du Jura. Mais après les coupes du plan équilibre et du dernier budget, des divergences apparaissent déjà sur l’utilisation de ces fonds.
« Ça met du beurre dans les épinards, mais ça ne change pas le fond du problème : le canton a toujours besoin d’un vrai plan pour ses finances ». La phrase du chef du groupe parlementaire PCSI-PVL, Quentin Haas, résume bien la première réaction de la classe politique jurassienne. Le versement par la BNS de 16,6 millions de francs au titre de ses bénéfices réalisés en 2024 est accueilli comme une bonne nouvelle, mais tout le monde est bien conscient que les réformes en cours pour résorber le déficit structurel de l’État doivent être poursuivies.
Dans cet esprit de prudence, la plupart des partis, surtout à droite, plaide pour reconstituer une réserve de politique budgétaire, totalement asséchée ces dernières années. Le débat arrivera rapidement devant le parlement puisque le PLR a déposé récemment une motion demandant que les éventuelles parts des bénéfices de la BNS soient reversées dans une réserve. Le président du groupe UDC Didier Spies ne voit pas spécialement de « mesures d’urgence » à financer et préfère « rester vigilant » en s’alignant sur l’idée de reconstituer un bas de laine à l’État.
La gauche veut un geste pour les fonctionnaires
À gauche, on ne s’oppose pas à thésauriser une partie de cet argent en réserve, mais le PS suggère aussi d’accorder aux fonctionnaires le renchérissement des salaires abandonné lors du vote du dernier budget. Le président du groupe Verts-CS POP Baptiste Laville va plus loin et veut en finir avec les retenues salariales dans la fonction publique et rétablir différents mandats coupés lors du budget. Inscrire au moins une part de la BNS au budget comme son groupe le suggérait aurait d’ailleurs, selon lui, permis d’éviter différentes coupes en matière environnementale. Au Centre, François Monin estime à l’inverse qu’il ne faut « pas freiner les efforts en cours ni se reposer sur ses lauriers », mais que cet argent peut aussi servir à « donner un peu d’air aux investissements ». Investir dans l’efficacité énergétique des bâtiments de l’État qui se dégradent apparaît à ses yeux comme l’une des priorités. Ce serait alors « investir pour mieux économiser ». /jpi








