L’endométriose touche une femme sur dix et pourtant ça reste une maladie méconnue. L’artiste Irène Saussure a souhaité faire la lumière sur ce mal qui la ronge depuis une vingtaine d’années. Cette inflammation est liée au système hormonal féminin. Généralement localisées dans l’abdomen, les douleurs peuvent se propager dans le reste du corps. Le Stamm Studio à Porrentruy accueille les créations de la céramiste d’Undervelier jusqu’au 9 mars. Le vernissage se déroule dimanche dès 14h. À travers plusieurs bustes, l’artiste met une touche de beauté sur cette maladie chronique. « Je me suis dit que mon expérience pouvait se transformer en quelque chose d’utile et que ce n’était pas juste un drame qui me tombe dessus », explique la jeune femme.
La patiente experte pose de nombreuses questions au corps médical et tente de restituer ses connaissances pour sensibiliser un maximum de personnes. Elle espère ainsi éviter l’errance médicale qu’elle a connue depuis son adolescence. « Moi, ça a duré quinze ans entre les premiers symptômes et le diagnostic, quinze ans où la maladie s’est développée. » En parallèle de l’exposition, Irène Saussure fournit un petit carnet avec de précieuses informations sur la maladie et sur les symptômes qui doivent alerter.
Irène Saussure : « Je voulais transmettre ce que j’ai appris. »
Des ateliers pour aller plus loin
Outre l’exposition, l’artiste a souhaité organiser différents ateliers et considère l’aspect pédagogique important : « Le but, c’est de sortir en ayant appris des choses sur soi-même et cette maladie ». Ses bustes exposés sont « presque un prétexte pour parler de la santé féminine. » Le vendredi 7 mars, le film de Claire Simon « Notre corps » sera projeté. Le lendemain, Journée internationale des droits des femmes, une table ronde est organisée sur le thème de l’errance médicale due au biais du genre. Selon Irène Saussure, la pose d’un diagnostic de plusieurs maladies prend plus de temps lorsque c’est une femme qui en souffre plutôt qu’un homme. « Ma maladie a été prise en charge trop tard et les conséquences que ça a sur mon revenu, sur ma retraite, sur la qualité de ma vie par le passé et à l’avenir, elles sont non négligeables, » explique la trentenaire. /ncp









