La périlleuse promotion des produits alcoolisés

Faire de la publicité pour les distillateurs, une manœuvre funambule. Dans le sillage de la ...
La périlleuse promotion des produits alcoolisés

Faire de la publicité pour les distillateurs, une manœuvre funambule. Dans le sillage de la sanction imposée à l’entreprise Souboz Distillerie, la boutique de la Couronne qui présente ces produits sur sa page Instagram a eu l’occasion de réviser ses connaissances juridiques.

Fabien Mérillat, en charge de l’accueil et de la promotion des produits de la boutique de La Couronne. Fabien Mérillat, en charge de l’accueil et de la promotion des produits de la boutique de La Couronne.

Faire de la publicité sans trop faire envie, voici le mandat des producteurs de spiritueux. L’entreprise Souboz Distillerie a été épinglée dernièrement par l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières qui contrôle la publicité en lien avec les boissons alcoolisées.

Pour les fondateurs de Gagygnôle le couperet est tombé : obligation de supprimer toute la campagne de promotion des produits alcoolisés sur les réseaux sociaux de l’entreprise. « Normalement dans la communication on doit faire envie, mais là on n’a pas le droit », explique Lucas Gyger, cofondateur de Souboz Distillerie.

Lucas Gyger : « Ce qu’on a le droit de faire, c’est de ne pas donner envie aux gens. »

Pour le cofondateur de la Gagygnôle, la publicité sur les réseaux sociaux constituait un élément important de leur communication : « On est dans un petit village, c’est la seule vitrine qu’on avait ».

Luca Gyger : « C’est assez dur vu que c’est vraiment beaucoup de travail. »

Les fondateurs de la Gagygnôle ont dû supprimer toute la campagne de promotion des produits alcoolisés sur les réseaux sociaux. (Photo : Concours suisse des produits du terroir). Les fondateurs de la Gagygnôle ont dû supprimer toute la campagne de promotion des produits alcoolisés sur les réseaux sociaux. (Photo : Concours suisse des produits du terroir).

Dans le sillage de la sanction infligée à l’entreprise des frères Gyger, la boutique des produits régionaux de Grand-Chasseral à la Couronne se questionne sur fond de bonne foi. « La législation va assez loin », estime Fabien Mérillat, en charge de l’accueil et de la promotion des produits de la boutique de La Couronne. « De mon côté, j’ai vérifié ce qui était autorisé ou non et au final il faut vraiment étudier chaque geste, chaque image qu’on intègre dans une publication. C’est vrai que c’est compliqué ».

Promouvoir un produit alcoolisé oui, mais il ne doit pas être associé par exemple à un mode de vie désirable ou pris en photo sur fond d’un beau paysage. « Sur le compte de la boutique de la Couronne, nous exposons tous les produits sur un fond identique, le mur de pierres dans la cave voûtée, pour ne pas avantager certains produits », ajoute Fabien Mérillat.

Fabien Mérillat : « Est-ce qu’on peut encore mettre le hashtag Distillerie de Souboz quand on fait de la publicité ? »

Seront interdits également, les décors n’ayant pas directement trait au produit (par exemple les plages) ou mettant en scène des consommateurs. Les parties du corps ne pourront pas être représentées, une affiche montrant une main sera prohibée. Un objet représentant un certain mode de vie n’est par exemple pas autorisé : une publicité montrant une bouteille d’alcool à côté d’une guitare sera jugée illicite. /jse


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