Un rapport sur l’abandon des études à nuancer

La Commission suisse de maturité a récemment publié une étude qui montre que plus d’un Jurassien ...
Un rapport sur l’abandon des études à nuancer

La Commission suisse de maturité a récemment publié une étude qui montre que plus d’un Jurassien sur quatre abandonne sa filière de bachelor avant de décrocher son diplôme. Le Service de la formation postobligatoire apporte des nuances à cette statistique.

Les étudiants du canton du Jura présente un taux d’abandon de 25,5%. (Photo libre de droits : illustration). Les étudiants du canton du Jura présente un taux d’abandon de 25,5%. (Photo libre de droits : illustration).

Plus d’un Jurassien sur quatre abandonne sa filière de bachelor avant d’obtenir son diplôme. C’est ce qui ressort d’un rapport commandité par la Commission suisse de maturité, et récemment reporté par Le Temps. L’étude s’intéressait aux détenteurs d’une maturité qui commençaient l’université entre 2012 et 2015, avec pour objectif de déterminer si, en 2020, ces étudiants avaient décroché le diplôme correspondant.

Ce sont les Grisons qui présentent le plus haut taux d’abandon (26,1%). Mais le Jura vient juste derrière (25,5%). À l’autre bout du classement, les plus assidus sont les Nidwaldiens (12,3%). La moyenne suisse est de 18,9%.

Les Romands sont globalement moins nombreux que les Alémaniques à achever leur cursus. Le rapport semble aussi montrer que plus le parcours pour obtenir une maturité est long, moins les étudiants renoncent à leur filière de bachelor. Rappelons que dans le Jura, le cursus de secondaire II dure actuellement trois ans, contre quatre dans d’autres cantons. Autre enseignement de l’étude : les étudiants issus d’une école privée abandonnent davantage (29,1%) que ceux qui ont fréquenté le système public (17.9%).


L’éloignement est un obstacle

Quant à savoir pourquoi les Jurassiens sont si nombreux à ne pas aller au bout de leur filière de bachelor, le Service jurassien de la formation postobligatoire avance une cause principale : la situation géographique du canton, qui oblige les étudiants à se délocaliser. Ce phénomène les confronte à l’éloignement familial et social ainsi qu’à des préoccupations d’ordre budgétaire. Le service relève que le canton des Grisons, premier de ce classement, connait une situation similaire.


Un rapport qui ne dit pas tout

Mais le Service de la formation postobligatoire tient également à nuancer ce rapport, qui ne distingue pas l’arrêt définitif d’un cursus de bachelor d’un changement de filière ou d’une redirection dans une haute école, par exemple. Il n’est donc pas possible, sur cette base, d’analyser les causes précises des interruptions d’études, qui d’ailleurs ne doivent pas être considérées comme des échecs. Le Jura présente justement le plus haut taux d’obtention d’un diplôme d’une haute école. Et si on cumule HES, HEP et universités, il atteint un taux de diplômé à 36,5%, quand la moyenne suisse pointe à 32,5%.

Enfin, le service précise que les jeunes jurassiens choisissent volontiers des formations professionnelles qui leur permettent de trouver un emploi dans le canton. Ils obtiennent ainsi moins de maturités gymnasiales, mais davantage de maturités professionnelles et spécialisées que la moyenne suisse. /lad


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