Près de 400 représentants d’entreprises participent ce mercredi et jeudi au Congrès MSM accueilli par l’entreprise Humard Automation à Delémont. L’industrie continue de travailler et d’investir, mais ressent aussi fortement le climat d’incertitude lié à la situation géopolitique.
Malgré les incertitudes économiques, près de 400 représentants d’entreprises sont réunies à Delémont ce mercredi et jeudi pour parler innovation et technologies. L'entreprise Humard Automation accueille le congrès MSM qui réunit les acteurs de l'industrie mécanique, micro-technique et automation. Entre ralentissement économique, crise géopolitique et droits de douane américains, les perspectives pour ces secteurs sont très floues. « Surtout dans ce bassin du Jura, très porté sur l’horlogerie, la situation n’est pas très sereine, nos clients ont moins de commandes donc forcément les investissements sont plus compliqués. Mais on constate quand même que les entreprises continuent d’innover et d’investir, même celles qui ont moins de travail, c’est rassurant », relève positivement Raphaël Humard, directeur général du fabricant de machines Humard Automation.
Raphaël Humard : « Malgré la situation, des clients continuent d'investir dans des nouvelles technologies. »
Son entreprise a justement ouvert une filiale outre-Atlantique, à Montréal au Canada, avec des clients américains. Forcément, les taxes douanières brandies par l’administration Trump ont amené leur lot d’interrogations. « On s’est dit que des clients pouvaient nous appeler pour annuler leurs commandes, mais pour le moment ça ne s’est pas fait, ils temporisent. Mais c’est une discussion avec nos clients, sans effet encore vraiment mesurable », ajoute Raphaël Humard.
Beaucoup de questions, encore peu de réponses concrètes
Des retours aussi enregistrés par Pierre-Yves Kohler, directeur du SIAMS, le salon des microtechniques à Moutier, en lien avec de nombreux entrepreneurs. « Certains de mes exposants fabriquent aux États-Unis, mais avec des composants ou matières qui viennent en partie d’Asie, donc qui sont aussi taxés. Ça crée un climat d’attente. On ne sait pas non plus ce qui va se passer avec les produits fabriqués aux États-Unis. Si un fabricant américain voit que tous ses concurrents augmentent de 20 ou 30%, il va peut-être profiter d’augmenter ses prix de 10 à 15% et à la fin ce sera le consommateur américain qui sera pénalisé. Donc oui il y a des effets actuellement, mais pas beaucoup plus pour le moment.
Pierre-Yves Kohler : « Des effets, mais surtout un niveau d'attente. »
Le congrès MSM réunit aussi les acteurs des Medtech, secteur particulièrement concerné par les taxes douanières américaines puisqu'il exporte beaucoup aux États-Unis. « En juillet on sera potentiellement à 31% de taxes aux États-Unis qui représentent plus de 47% du marché mondial des technologies médicales. Avec une telle incertitude, ce sont nos clients qui payent la taxe d’import et qui, naturellement, tirent le frein à main et il n’y a plus rien qui se passe. Wait and see comme on dit là-bas », résume René Benninger, responsable développement du marché Medtech pour le groupe Starrag.
René Benninger : « En situation d'incertitude, on tire le frein à main et il n'y a plus rien qui se passe. »
Si ces acteurs résistent encore plutôt bien, c’est en raison du mécanisme suisse du chômage technique, les fameuses RHT, qui actuellement protègent beaucoup l’industrie. Tous les acteurs espèrent d’ailleurs que le dispositif sera encore prolongé de 24 mois, sous peine de voir apparaitre des conséquences directes et durables sur l’emploi. /jpi









