Après le vol de près de 25'000 munitions à Châtillon, la police jurassienne dit prendre l’affaire « très au sérieux » et va accentuer la surveillance des sites de tir. Le président de la Fédération jurassienne de tir veut aussi lancer une réflexion pour améliorer la sécurité des stands.
La police cantonale jurassienne et le Département fédéral de la défense (DDPS) à la recherche des 25'000 munitions volées dans le Jura. La police jurassienne dit mettre « des moyens conséquents au service de l'enquête pour retrouver les auteurs et leur butin » après le cambriolage du stand de tir de Châtillon dans la nuit de vendredi à samedi dernier. En attendant, une « surveillance accentuée est mise en place à proximité des stands de tir », informe la police cantonale ce mardi. Ce qui ne veut pas dire que les stands de tir étaient laissés à l’abandon auparavant.
Yannick Vernier : « Il faut être un peu professionnel pour forcer ce genre de coffre... »
« La douane ou la gendarmerie monte par exemple régulièrement à notre stand de Courgenay-Courtemautruy, trois à quatre fois par semaine, sans oublier que nous y sommes minimum une à deux fois par semaine », explique Yannick Vernier, président de la Fédération jurassienne de tir et membre de la société de Courgenay-Courtemautruy.
La grande majorité des stands jurassiens pas équipés de vidéosurveillance
« Mais le niveau de sécurité ne sera jamais suffisamment élevé pour arrêter des personnes qui veulent entrer. Idéalement, la surveillance électronique est le plus efficace », glisse Yannick Vernier. Sur la vingtaine de stands de tir dans le Jura, la très grande majorité n’est cependant pas équipée de vidéosurveillance. À l’image de Châtillon où les malfrats sont entrés par effraction, puis ont forcé un premier coffre qui leur a donné la clé pour un autre coffre contenant les munitions. La règlementation demande en effet une mise sous coffre des cartouches, mais ne dit rien sur le niveau de sécurité du coffre ou du bâtiment. « Rien n’est normé, chaque stand a ses propres règles. La plupart des stands jurassiens sont équipés d’anciens coffres-forts de banques qui pèsent quand même une tonne et demie, voire plus. Le premier venu ne peut pas les forcer, il faut être un peu professionnel pour ça... », souffle encore le président de la FJT. Cela nécessite aussi d’être renseigné sur le dispositif de stockage du stand de tir.
« Aucune piste n’est exclue » selon la police
La période n’est d’ailleurs probablement pas choisie au hasard puisque les stocks de munitions sont remplis en ce début de saison précédant le tir en campagne. Mais à quelle fin ? La police dit n’exclure « aucune piste ». La revente ? Une possibilité, le prix de la cartouche vendue par l’armée est d’environ 30 centimes, mais les tarifs peuvent vite s’envoler sur le marché noir. « Ça peut monter à 1,50 voire 2 francs la cartouche, ce qui peut avoir une grande valeur. Maintenant c’est une munition suisse, faite spécifiquement pour des armes suisses, vous ne pouvez la mettre dans un M16 ou une Kalachnikov. Donc on ne comprend pas trop le pourquoi du comment ». Il reviendra aux enquêtes de le déterminer, celle de la police jurassienne, mais aussi celle du DDPS en tant que responsable de la surveillance des munitions, l'officier fédéral de tir ayant été averti. Avec 25'000 cartouches dans la nature, est-ce que la population ou des évènements publics à venir courent un risque ? La police nous répond que « le risque zéro n’existe pas, mais qu’il serait jugé encore plus élevé si des armes avaient été dérobées ». /jpi









