Le président de la section jurassienne de la Société suisse des entrepreneurs est énervé par l’impossibilité de solliciter des mesures de réduction d’horaire de travail pour les collaborateurs du secteur de la construction.
« C’est clairement une discrimination, c’est un manque de respect des travailleurs de la construction. » Pierre-André Raboud ne mâche pas ses mots pour parler de la RHT. Les mesures de réduction d’horaire de travail sont ainsi difficilement applicables pour les entreprises de ce secteur. Un point qui a été relevé jeudi en fin d’après-midi lors de l’assemblée générale de la Société suisse des entrepreneurs, section Jura, qui se tenait à Porrentruy. Son président revient sur une réponse du Gouvernement jurassien à une question écrite. Ainsi seules des pertes de travail imprévisibles qui découlent de circonstances extraordinaires sont indemnisables. Si le secteur industriel peut y prétendre, les maçons et autres constructeurs de routes ne sont pas confrontés à une crise majeure, selon la loi. Une situation qui énerve la SSE.
« Les travailleurs de la construction ont eux aussi un savoir-faire. Il n’y a pas que l’horlogerie et l’industrie des machines qui ont un savoir-faire. Donc on a intérêt à conserver nos gens », plaide l’entrepreneur jurassien qui rappelle que les travailleurs du secteur de la construction paient aussi des assurances. « Pour en bénéficier, il faut les licencier, ce qui est une aberration totale ! ». Pierre-André Raboud remarque aussi que cette situation ne valorise pas le métier qui peine à attirer la relève : « un métier qui perd en attractivité par rapport à ça ».
Pierre-André Raboud : « C’est un manque de respect. »
Avec l’aide des syndicats
Pierre-André Raboud estime qu’il est temps de s’approcher des syndicats. « Ça serait bien qu’on puisse une fois regrouper les entreprises et les syndicats pour tirer à la même corde dans ce dossier », selon le président de la section jurassienne de la SSE : « Il en va de la protection des travailleurs ».
Années horribilis
Lors de l’assemblée générale, le président de la section jurassienne de la SSE a aussi relevé la mauvaise conjoncture. Ainsi depuis 2024, les entreprises du secteur de la construction sont confrontées à une baisse de leurs activités. « On constatait clairement des baisses dans les investissements cantonaux », relève Pierre-André Raboud qui cite comme exemple l’entretien des routes. La tendance s’est encore accélérée en 2025 avec une réduction un peu plus importante des budgets cantonaux et de certaines communes jurassiennes. Quant à 2026, elle ne s’annonce pas meilleure : « on ne s’attend pas à un grand renouveau vu la conjoncture internationale ». Ainsi comme les entités publiques, l’industrie peine à investir dans la pierre en cette période d’instabilité. /ncp









