Le Jura devra renoncer à l’âne protecteur de troupeaux

Malgré l’acceptation parlementaire d’un postulat favorable à leur usage, les ânes ne pourront ...
Le Jura devra renoncer à l’âne protecteur de troupeaux

Malgré l’acceptation parlementaire d’un postulat favorable à leur usage, les ânes ne pourront légalement pas être utilisés pour protéger les moutons dans le Jura. Le droit fédéral l’interdit formellement.

Les ânes ne pourront pas être utilisés comme protecteurs de troupeaux dans le Jura. (Photo d'illustration libre de droits) Les ânes ne pourront pas être utilisés comme protecteurs de troupeaux dans le Jura. (Photo d'illustration libre de droits)

Ils devaient tenir tête aux prédateurs à grands coups de sabots, mais les ânes jurassiens resteront à l’écart des troupeaux. Fin 2023, un postulat de la députée Francine Stettler (UDC) demandait au Parlement jurassien d’autoriser l’usage d’ânes pour protéger les troupeaux ovins et caprins. Malgré l’opposition du Gouvernement, le texte avait été accepté. Mais cette volonté cantonale vient de se heurter à un mur fédéral, indique le Gouvernement dans un rapport transmis lundi matin. L'exécutif indique que le Service jurassien de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV) a demandé un avis de droit à l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). Dans une prise de position officielle datée du 20 février 2025, l'OSAV confirme que cette pratique est contraire à la législation suisse.

La détention d’un âne seul dans un pâturage, condition sine qua non de son rôle de protecteur, est interdite par l’Ordonnance sur la protection des animaux. Les équidés doivent pouvoir voir, entendre et sentir un congénère. Aucune dérogation n’est prévue pour les animaux de protection, même âgés. En plus de cette base légale, l’OSAV pointe plusieurs obstacles pratiques. Les ânes, originaires de zones arides, supportent mal l’humidité des pâturages jurassiens, qui peut favoriser les maladies des sabots. Ils nécessitent une alimentation très spécifique, difficile à fournir en altitude, ainsi qu’un apport quotidien en eau potable. Enfin, leur efficacité réelle comme défenseurs contre les prédateurs n’est pas scientifiquement prouvée, selon la Confédération. Les cinq dérogations jusqu’ici accordées par le canton devront être retirées. /comm-tna


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