Caroline Meijers était jugée ce mardi pour avoir hébergé un requérant d’asile et facilité le séjour illégal de l’homme en Suisse . Elle a été libérée de toutes les préventions devant des dizaines de soutiens présents au tribunal à Porrentruy.
Ambiance animée mardi après-midi au tribunal à Porrentruy. La présidente du Mouvement jurassien de soutien aux sans-papiers était accusée d’avoir hébergé un requérant d’asile syrien et facilité le séjour illégal de l’homme sous le coup d’une décision de renvoi du Secrétariat d’Etat aux migrations. Des faits commis à Undervelier entre mars et avril 2024. Le juge a acquitté la prévenue, de quoi réjouir ses dizaines de soutien.
Caroline Meijers a été accueillie par des applaudissements et des cris dans la salle d’audience puis au son des tambours à la sortie du tribunal, une fois libérée de toutes les préventions. Plus de 70 personnes ont assisté à l’audience, munies de banderoles mentionnant « Jura terre d’asile » ou « Délit de solidarité ». La prévenue a assuré n’avoir jamais hébergé le requérant d’asile, elle dit l’avoir rencontré une seule fois et ne plus avoir de nouvelle. Elle reconnait seulement avoir accepté que le prévenu utilise son adresse auprès du Secrétariat d’Etat aux migrations pour conserver sa demande d’asile ouverte. « Il est bon de désobéir à des ordres criminels. Le principe de base de mon agissement, c’est la solidarité et la justice », a affirmé la sexagénaire d’une voix forte et assurée, sous les applaudissements nourris de la salle.
Son avocat a décrit sa cliente comme « un peu rebelle mais surtout une défenseuse des droits humains ». « Elle n’a fait rien d’autre que d’aider une personne dans le besoin », a ajouté Olivier Peter qui a demandé l’acquittement et la garde des frais judiciaires à la charge de l’Etat. « Et les honoraires ? », a demandé le juge David Cuenat. « Je plaide par amour de la cause », a répondu l’avocat. Sa cliente a expliqué dépendre de l’aide sociale. Plusieurs critères n’étaient pas remplis pour une condamnation, selon le juge David Cuenat. La durée d’un prétendu hébergement n’était pas suffisante et la prévenue n’a pas tenté de cacher le requérant. Les frais judiciaires, quelque 500 francs, sont laissés à la charge de l’Etat. /mmi









