Fin de la 3G : des téléphones bons pour la casse ?

La 3G vivra ses derniers mois en Suisse. Dès 2026, la plupart des opérateurs mobiles auront ...
Fin de la 3G : des téléphones bons pour la casse ?

La 3G vivra ses derniers mois en Suisse. Dès 2026, la plupart des opérateurs mobiles auront désactivé cette technologie. Une quantité importante de téléphones deviendront donc inutilisables.

À gauche, un téléphone qui a déjà servi. Au centre, un téléphone reconditionné, comme neuf. À droite, un téléphone qui n’a jamais été sorti de sa boîte. À gauche, un téléphone qui a déjà servi. Au centre, un téléphone reconditionné, comme neuf. À droite, un téléphone qui n’a jamais été sorti de sa boîte.

Le réseau 3G, introduit au début des années 2000, touche à sa fin. Sunrise a déjà entamé la désactivation de son infrastructure, Swisscom suivra d’ici la fin de l’année. Ce changement signifie, concrètement, que les téléphones ne fonctionnant que sur ce réseau ne permettront plus de passer d’appels ni de se connecter à Internet.

Cette transition technique a un coût, en particulier pour les consommateurs. « Ce sont énormément d’équipements qui deviennent automatiquement obsolètes », relève Thomas Putallaz, président de l’association suisse NoOPS. L’association milite contre l’obsolescence programmée et pour une consommation plus responsable du numérique.

Si le développement des réseaux mobiles est inévitable, Thomas Putallaz regrette une précipitation. « On ne peut pas dire que c’est une technologie dépassée, mais les besoins de données des consommateurs sont de plus en plus importants. Il faut que le réseau soit plus performant pour échanger ces données. Mais il ne faut pas précipiter les choses. »
Selon lui, les opérateurs devraient mieux mesurer les effets de ces changements technologiques, notamment sur les personnes les plus vulnérables. « Ce sont toujours les personnes au revenu modeste qui seront le plus impactées. »

Les alternatives existent

Face à cette obsolescence forcée, l’achat de téléphones d’occasion ou reconditionnés séduit de plus en plus. Selon une étude de Comparis, une personne sur dix en Suisse a acheté un appareil d’occasion en 2024. Une tendance que confirme Maxime, revendeur dans un magasin de seconde main à Bienne : « Ça fait deux ans que je travaille ici et je constate qu’il y a de plus en plus de personnes qui recherchent des téléphones reconditionnés ou de seconde main. »

Les motivations des clients sont variées. « Il n’y a pas de profil type, mais beaucoup de jeunes viennent parce qu’un téléphone neuf coûte vite cher. Nous avons aussi des clients plus âgés, qui estiment qu’un appareil fonctionne tout aussi bien en seconde main », explique Maxime.

Même les téléphones compatibles uniquement avec la 3G peuvent encore avoir une utilité. « Ces appareils peuvent servir à l’étranger. Nous avons beaucoup de clients qui achètent des téléphones bon marché pour les amener dans leur pays d’origine. Ils sont obsolètes pour nous, mais pas forcément dans ces pays moins développés. »

Ne pas jeter, mais revaloriser

L’association NoOPS appelle la population à ne pas jeter les anciens appareils. « Tant qu’ils restent dans les tiroirs, ces téléphones ne servent à rien », souligne Thomas Putallaz. L’organisation met à disposition des boîtes de collecte dans toute la Suisse romande, et propose également des enveloppes préaffranchies pour envoyer les appareils gratuitement.

Les téléphones récupérés sont diagnostiqués : les plus récents sont reconditionnés et remis sur le marché, tandis que les plus anciens sont démontés pour préserver les matériaux. « On retrouve jusqu’à 60 métaux différents dans un téléphone. »

Même si la plupart des utilisateurs naviguent aujourd’hui sur les réseaux 4G ou 5G, de nombreux appels passent encore par la 3G. Il est donc recommandé de vérifier si la fonction VoLTE (Voice over LTE) est activée sur son appareil pour garantir la continuité des appels après la coupure du réseau. /ddc


 

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