Après la tempête, le rougequeue à front blanc a dû se déplacer

L’espèce d’oiseau est emblématique de La Chaux-de-Fonds : le rougequeue à front blanc a vu ...
Après la tempête, le rougequeue à front blanc a dû se déplacer

L’espèce d’oiseau est emblématique de La Chaux-de-Fonds : le rougequeue à front blanc a vu ses territoires détruits par la tempête du 24 juillet 2023. Mais sa population est résiliente et n’a pas significativement diminué.

Le rougequeue à front blanc est l'oiseau emblématique de La Chaux-de-Fonds. (Photo : Marcel Burkhardt) Le rougequeue à front blanc est l'oiseau emblématique de La Chaux-de-Fonds. (Photo : Marcel Burkhardt)

 

Deux ans après la tempête, le rougequeue à front blanc doit se refaire sa place à La Chaux-de-Fonds. Le 24 juillet 2023, la Métropole horlogère était balayée par des vents d’une extrême violence qui ont ravagé de nombreux bâtiments et arbres de la ville. Cette tempête a aussi eu un fort impact sur une espèce d’oiseau en particulier, emblématique de La Chaux-de-Fonds : le rougequeue à front blanc. Un oiseau qui se plait particulièrement dans la ville, qui correspond à son idéal d’habitat, entre de grands arbres, des gazons tondus et des prairies fleuries, explique l’ornithologue local, Michel Amez-Droz, qui fait un suivi du rougequeue à front blanc en particulier dans les parcs Gallet et des Crêtets. Au-delà de ses besoins, le rougequeue à front blanc est ce qu’on appelle « une espèce parapluie ». Cela signifie que « si son milieu est adapté, ça profite à d’autres espèces moins visibles », précise-t-il.

 

Michel Amez-Droz : « Il s’est retiré des campagnes, car ça ne correspondait plus à ses besoins. »

Selon les données de la Station ornithologique suisse, l’oiseau a déserté les zones les plus touchées, passant de 18 territoires à neuf dans toute la ville. Mais cela ne veut pas dire que sa population est moins nombreuse. « Dans la partie nord, la population est assez stable », constate Michel Amez-Droz. « Il est moins présent depuis la tempête surtout dans la zone sud, sud-est », poursuit l’ornithologue.

« Jusqu’en 2023, on avait huit territoires au sud, sud-est. Et depuis, plus qu’un seul, où on n’est pas sûr qu’il y ait une nidification. »

Résilient, le rougequeue à front blanc a trouvé d’autres refuges, notamment au nord de la ville. « Il a une capacité à se déplacer dans d’autres quartiers, donc il n’a pas abandonné la ville », développe Michel Amez-Droz. Reste qu’il faut lui donner la possibilité de revenir dans d’autres territoires. Et pour ce faire, il faut planter des arbres hauts, de préférence indigènes, mais pas seulement. Tant chez des privés que dans les espaces publics, il est possible d’agir. Que ce soit en offrant un environnement propice à l’accueil de nids, en replantant des arbres, ou en installant des nichoirs.

« Il faudrait que l’entretien des parcs puisse alterner des zones fauchées avec des zones non fauchées dès le début du printemps. »

Michel Amez-Droz et les autres ornithologues ont remarqué que « les entretiens des parcs ont changé ». « On a de magnifiques jachères fleuries et de graminées qui profitent comme garde-manger à pleins d’autres espèces, mais qui sont à l’encontre des besoins du rougequeue à front blanc », détaille le spécialiste de l’oiseau. Ce changement de terrain a permis à d’autres espèces de s’installer.

« Ça ne le remplace pas, mais ça permet à d’autres espèces qui étaient moins abondantes de mieux grandir. »

Il faudra donc encore attendre quelques années pour que le rougequeue à front blanc puisse reconstituer ses effectifs et retrouver autant de territoires qu’avant la tempête. /lgn


 

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