Racheter des immeubles des années 1980, leur offrir une seconde jeunesse et rendre ainsi le Jura plus attractif. Telle est l’une des ambitions de Diego Rohner. L’entrepreneur delémontain a récemment mis la main sur un lot de 95 appartements qui appartenaient à une institution jurassienne, comme le rapportait le magazine « Bilan ». Cela représente 8 immeubles situés dans la vallée de Delémont et aux Franches-Montagnes. À travers ses différentes sociétés, ce jeune patron (36 ans) d’entreprise vise à moderniser le patrimoine bâti régional.
« Je cherche à rendre le Jura plus attractif », explique Diego Rohner. L’homme multiplie d’ailleurs les idées, les sociétés, les investissements. C’est aussi lui qui injecte des millions de francs pour créer le nouveau centre de loisirs Raiffeisen Parc à Delémont et il est actif dans la transformation d’un bâtiment de Porrentruy qui deviendra hôtel d’ici la fin de l’année. La rénovation d’immeubles est ainsi une stratégie certes financière, mais aussi éthique : « La Suisse s’est engagée à la neutralité carbone pour 2050 et je pense qu’on peut tous être acteurs pour arriver à ce but, soutient Diego Rohner. Je préfère faire partie de la solution pour améliorer ces passoires énergétiques que sont ces immeubles ».
Diego Rohner : « Le Jura n’a rien à envier aux autres régions ! »
Désormais propriétaire de plusieurs centaines d’appartements et toujours en course pour en acquérir d’autres, Diego Rohner peut donner l’impression de vouloir voir grand. Comment gère-t-il tout ça ? « Il n’y a pas de miracle, répond-il. Il faut être bien entouré. Je suis épaulé par une très grande structure avec des gens fantastiques dont les profils vont au-delà de mes compétences. »
« Forcément, l’investissement a des conséquences sur les loyers. »
Souvent, les immeubles rachetés bénéficient d’une rénovation totale, ce qui implique la résiliation des baux pour ensuite voir des loyers augmenter une fois les travaux réalisés. Dans une région où les ménages modestes sont nombreux, la stratégie peut parfois surprendre. « Je gagnerais sans doute davantage d’argent si je ne faisais pas de rénovation, explique Diego Rohner. Mais, forcément, les travaux ont des conséquences sur les loyers. » Le marché dicte ensuite les prix. « J’ai très peu de taux de vacance », assure l’entrepreneur, qui estime qu’il pourrait ne pas rénover et maintenir des loyers bas, mais « à long terme, c’est un mauvais calcul. » /clo










