Depuis de nombreuses années, la question de planifier le festival du film tessinois à la mi-juillet revient sur le tapis. Le Neuchâtelois Vincent Adatte, critique de cinéma, doute que ce changement amène davantage de cinéastes, notamment français.
C’est un habitué du Festival du film de Locarno. Vincent Adatte, critique de cinéma, est revenu mardi dans La Matinale de nos confrères à rtn, sur la 78e édition qui s’est terminée samedi. Plus de 200 films ont été projetés en dix jours, dont quatorze sur la Piazza Grande. Et 17 films étaient en compétition pour le Léopard d’or, dont Le Lac, du Neuchâtelois Fabrice Aragno, qui sortira en salle au printemps de l’année prochaine. « Un film magnifique, très contemplatif tourné sur le lac Léman (…). Et le fait qu’il ait pu revenir de sa croisière avec trois distinctions, dont le prix des jeunes, c’est de bon augure. » Le coup de cœur de Vincent Adatte va au film géorgien Dry Leaf d’Alexandre Koberidze « qui durait 3h27 et où on ne s’ennuyait pas une seconde ». Un film qui raconte la quête d’un père qui cherche sa fille dans des endroits assez particuliers, sur des terrains de football abandonnés de Géorgie. « C’était mon favori d’ailleurs pour le Léopard d’or. »
Vincent Adatte : « Plusieurs films m'ont beaucoup touchés. »
Un public à conquérir
Vincent Adatte fréquente le festival depuis bientôt quarante ans. Il y a travaillé pour la première en 1986. « Ce qu’il s’est passé pendant ces quarante ans, c’est peut-être une espèce de prééminence de l’économique, de la rentabilité sur la découverte, se frotter au plaisir d’un cinéma qu’on ne voyait peut-être pas en salle. » Locarno n’est pas un festival de spécialistes, mais reste un « festival qui, comme Berlin, accueille le public et qui en fait d’ailleurs sa principale audience », contrairement à Cannes.
Depuis de nombreuses années, il est question d’avancer le festival à la seconde moitié du mois de juillet, pour favoriser la manifestation tessinoise face à ses grands concurrents, comme Cannes, Venise ou Berlin. Vincent Adatte doute que ce changement de date arriverait « à faire venir des cinéastes, comme les cinéastes français ». Cela pourrait en revanche avoir des incidences sur le NIFFF que se tient début juillet à Neuchâtel. D’autant plus que le Festival international du film fantastique de Neuchâtel est un festival de genres. « Et le festival de genres est très prisé depuis quelques années par les grands festivals. » D’où une certaine forme de concurrence. /sma









