Le syndrome REDs, quand la performance abîme le corps

Cet été, la coureuse jurassienne Morgane Crausaz a alerté sur ce syndrome qui se caractérise ...
Le syndrome REDs, quand la performance abîme le corps

Cet été, la coureuse jurassienne Morgane Crausaz a alerté sur ce syndrome qui se caractérise notamment par une maigreur ou l’absence de règles. Les sportifs qui pratiquent une discipline dans laquelle le rapport poids-puissance est important sont particulièrement touchés. Éclairage d’un médecin du sport.

Morgane Crausaz a alerté mi-août sur les réseaux sociaux souffrir du syndrome du REDs.  (Photo : Georges Henz.) Morgane Crausaz a alerté mi-août sur les réseaux sociaux souffrir du syndrome du REDs.  (Photo : Georges Henz.)

Le témoignage de l’une des meilleures coureuses de la région a amené la problématique sur le devant de la scène dans le Jura : Morgane Crausaz a expliqué mi-août sur les réseaux sociaux souffrir du syndrome REDs. Ce « déficit énergétique relatif dans le sport » se traduit notamment par une maigreur importante, de l’ostéoporose et l’absence de règles chez les femmes. « Je vole, mais à quel prix », a écrit Morgane Crausaz qui ajoute : « J’ai choisi d’arrêter la compétition tant que je n’aurai pas retrouvé un corps sain ». Si hommes et femmes peuvent être touchés, le syndrome est plus difficile à détecter chez les messieurs. « C’est un petit peu plus sournois », explique le médecin du sport à Delémont Raphaël Rion. « Fracture de fatigue, baisse des performances, troubles de l’humeur » peuvent notamment alerter.

Raphaël Rion : « Ça touche à peu près tous les systèmes du corps humain, cardiologique, osseux, musculaire ».

Des performances d’abord améliorées mais un corps abîmé

Cet été, le Tour de France féminin a aussi été le théâtre de nombreuses discussions au sujet du poids des cyclistes et notamment de la vainqueure française Pauline Ferrand-Prévôt. Alors que les performances peuvent dans un premier temps être améliorées par les athlètes atteints, la prise de conscience n’est pas facile. « Pendant un certain temps, l’athlète se sent très en forme. À la longue, le corps va s’épuiser avec une diminution de la force musculaire, l’endurance, la résistance, la récupération, etc. », explique Raphaël Rion. Alors, comment s’en sortir ? « L’athlète devra manger plus et surtout dépenser moins : diminuer la charge d’entraînement, arrêter les compétitions un certain temps », ajoute le médecin du sport qui insiste aussi sur un nécessaire travail de sensibilisation. /jpi-mmi

Raphaël Rion : « C’est ce qui est dramatique, l’athlète se sent en pleine forme mais il est déjà en train d’user son corps ».


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