C’est le dernier toit en pierre au nord des Alpes en Suisse et son état inquiète. L’église de Soubey a eu la visite le week-end dernier d’un expert. Plusieurs laves commencent à se déliter, ce qui fait courir un risque d’infiltration d’eau à l’intérieur du bâtiment, mais aussi un risque de chute de pierres à l’extérieur. La commune ecclésiastique de St-Ursanne et environs, propriétaire du site protégé par le canton du Jura et la Confédération, a fait donc venir un artisan couvreur-lavier de Saône et Loire, en France.
L’expert a rendu ses premières conclusions lundi matin devant les responsables de la commune ecclésiastique, le président Maurice Altermath et Gabriel Jeannerat, et devant Lucie Hubleur, conservatrice des monuments historiques du canton du Jura, ainsi que devant la presse. Martin Muriot a expliqué que le pan sud est dans un état relativement bon après la rénovation de 1982. Par contre, sur la face nord, environ 90% des laves sont altérées par le gel, « à différents niveaux de dégradation ». Martin Muriot explique que les matériaux utilisés lors des derniers travaux ne sont pas de très mauvaises qualités. C’est « plutôt un contexte trop froid avec trop de gel par rapport à cette pierre de qualité moyenne ». De plus, sur le haut de la toiture, une partie des pierres commence à glisser. Ces quelques mètres carrés sont depuis plusieurs mois recouverts par une tôle pour éviter que l’eau ne pénètre dans le bâtiment.
Une expertise avant de prendre des décisions
Maurice Altermath, président de la commune ecclésiastique de St-Ursanne et environs, s’est réjoui d’avoir enfin pu faire venir cet expert, puisqu’il ne reste que quelques laviers en France en exercice. Le rapport de Martin Muriot va permettre de prendre des décisions et d’entamer des recherches de fonds pour rénover l’édifice. Un premier devis de 300'000 francs d’un autre professionnel est déjà en possession du conseil. Ici Martin Muriot proposerait de travailler par partie uniquement sur la face nord. Ces travaux séquencés permettraient de répondre à une autre problématique : l’absence de laves de qualité.
Un caillou dans la chaussure
« C’est le problème récurrent de trouver des pierres de qualité en quantité. Des gisements qui soient fiables », précise Martin Muriot. Le couvreur-lavier explique que celles extraites en Bourgogne ne sont pas suffisamment de bonne qualité pour supporter le gel. Des carrières au sud de la France proposent aussi des laves, mais elles ne sont pas suffisamment triées pour espérer obtenir un lot de qualité. Le tailleur de pierre se tourne davantage sur le réemploi de laves récupérées sur d’autres toits. /ncp









