La Chambre de Commerce et d’Industrie a convié des entrepreneurs jeudi. Ils ont pu découvrir quelques-uns des défis qui les attendent s’ils veulent s’installer en Inde, mais aussi d’intéressantes perspectives.
« L’Inde futur eldorado pour l’industrie jurassienne d’exportation ? » C’est avec cette question que les entrepreneurs de la région étaient conviés jeudi à Delémont par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Jura (CCIJ). Avec la signature d’un accord de libre-échange entre l’Association européenne de libre-échange (AELE), dont la Suisse est membre, et le pays asiatique, les perspectives se sont ouvertes sur un marché de 1,4 milliard de personnes.
Cet accord apparaît d’autant plus important depuis que les États-Unis imposent désormais 39% de taxes douanières à la Suisse (et 50% à l’Inde !), mais « l’événement était planifié depuis une année », avoue le directeur de la CCIJ Pierre-Alain Berret. « Au moment où une porte se ferme pour nos entreprises aux États-Unis, on essaie d’en ouvrir d’autres. » La CCIJ espère ainsi donner des outils aux entreprises qui envisagent de commercer avec l’Inde.
Pierre-Alain Berret : « L’Inde est un marché à forte croissance. »
Trente ans d’expérience en Inde pour Tornos
Les entrepreneurs présents ont assisté à différentes présentations et ont pu échanger. Parmi les intervenants, le CEO de la division Tornos du groupe Starrag Tornos. Jens Thing est venu faire part de l’expérience du groupe spécialisé dans la machine-outil en Inde : « Ça fait plus de 30 ans que nous sommes là-bas. Nous possédons une usine à Bengalore, mais nous ne produisons pas de machines en Inde. » Le parton helvético-danois apprécie le niveau d’éducation qu’il juge élevé. Il relève aussi que pouvoir échanger en anglais facilite les choses.
Jens Thing : « On ne peut pas échapper au business en Inde. »
Pas difficile, mais culturellement différent
Un entrepreneur jurassien a une relation particulière avec l’Inde. Amit Arora a grandi et étudié dans le pays asiatique avant de s’installer en Suisse où il a notamment fondé Cadratec SA à St-Brais. Il est aussi à la tête d’une usine indienne de 450 employés. Amit Arora avoue qu’il y a une différence culturelle : « Ce n’est pas un marché difficile, mais différent. J’ai 25 ans d’expérience dans les deux cultures. En Suisse, on travaille avec précision, qualité et structure alors qu’en Inde, il y a l’adaptabilité, la créativité. On mélange les deux et ça fait notre force. » Il admet que pour s’implanter sur le marché indien, il faut faire preuve de patience, développer les relations et connaître le marché.
Amit Arora : « Les produits suisses sont vraiment considérés comme des produits de valeur. »
La Chambre de Commerce et d’Industrie du Jura, en collaboration avec la promotion économique, a prévu un déplacement en Inde avec des entrepreneurs durant l’automne 2026. /rce









