La taxe sur la valeur locative sera soumise en votation populaire le 28 septembre. Cet impôt introduit en 1934 a souvent été remis en cause, mais aucune majorité pour l’abolir n'a été trouvée jusqu’ici. Le Conseil fédéral et le Parlement soutiennent cette suppression qui simplifierait le système fiscal et réduirait l’incitation à l’endettement des ménages. Les opposants, eux, estiment que l’abolition profiterait surtout aux propriétaires qui ont les moyens de ne pas s’endetter.
Une classe d’âge est – a priori – la plus gagnante en cas de oui, les retraités, comme l’explique Benoît Brêchet, président de la Chambre immobilière jurassienne : « Cette classe de propriétaire a souvent amorti la dette hypothécaire et a réalisé les travaux de rénovation du bâtiment. » Les milieux de la construction, à l’image de l’Union suisse des Arts et Métiers (USAM), ne veulent pas cette réforme : « Les artisans vont crouler sous le travail avant la suppression de la taxe. Ensuite, les propriétaires ne seront plus autant enclins à entreprendre des travaux. »
Benoît Brêchet : « Une hausse de la quotité touchera tout le monde. »
Dans le Jura, un autre argument est aussi mis en avant : le manque à gagner. Il est estimé à cinq millions de francs pour le canton, 3,5 millions pour les communes et 400'000 francs pour les paroisses. Inquiet de pertes fiscales importantes, le Gouvernement jurassien envisage une augmentation de la quotité d’impôts de 2.85 à 2.9 en cas d’abolition de la taxe sur la valeur locative. Les locataires seraient ainsi indirectement touchés par le changement. Quant à la Chambre immobilière jurassienne, elle ne donne pas de consigne de vote en vue du scrutin du 28 septembre. /rce









