Des apprentis de la Confédération construisent dans le Jura la cohésion nationale de demain

En plein débat politique sur le plurilinguisme, une centaine de jeunes apprentis du Département ...
Des apprentis de la Confédération construisent dans le Jura la cohésion nationale de demain

En plein débat politique sur le plurilinguisme, une centaine de jeunes apprentis du Département justice et police ont passé une semaine en immersion dans le Jura. Au programme : visites et entraide linguistique.

Les apprentis de la Confédération ont visité ce jeudi la Fondation pour le cheval aux Bois. Les apprentis de la Confédération ont visité ce jeudi la Fondation pour le cheval aux Bois.

Ils sont venus se frotter à la culture romande et à la langue française. Une centaine de jeunes apprentis du Département justice et police de la confédération ont passé la semaine en immersion dans le Jura, imitant une première volée venue en 2022. Au programme, visite de la région, ses fromageries et sa Tête de Moine, son horlogerie et ses chevaux, mais aussi quelques cours de français. Ce français dont on peut bien se passer à l’école primaire selon le Parlement zurichois, mais qui reste précieux au sein de l'administration fédérale.

Reportage

« J’en ai besoin tous les jours au département de l’immigration. Je suis au service des « retours » qui s’occupent des personnes qui repartent en Afrique. Mon service est à 70% francophone, donc j’essaye de parler français, mais ce n’est pas facile. Cette immersion sert à ça, tu attrapes des mots que tu comprends, tu poses des questions, c’est comme ça qu’on apprend ! », confie Darko, un jeune Bernois.


« Cela a au moins réveillé le débat autour du plurilinguisme »

Voilà qui donne un écho particulier à l'actualité alors que plusieurs cantons alémaniques ont récemment reculé sur l'apprentissage du français à l'école. Un contexte qui préoccupe la Déléguée fédérale au plurilinguisme qui estime que notre cohésion nationale et notre idéal suisse sont en jeu. « Le revers de la médaille de ces récents revirements, c’est que cela a réveillé le débat autour du plurilinguisme. Or, il n’est pas toujours au centre des priorités... Mais je crois que ces jeunes construisent le chemin pour que la cohésion nationale soit toujours effective dans notre quotidien », souligne Nicoletta Mariolini.

Nicoletta Mariolini : « On fait de la sensibilisation, mais on pourrait parfois parler de résistance... »

Les apprentis étaient d’ailleurs accompagnés par une classe bilingue du Gymnase de Laufon, dont la « Matu » se fait en partenariat avec le lycée de Porrentruy. « La cohésion, ce n’est pas vivre les uns à côté des autres avec un mur entre les deux, et la langue est une clé pour entrer dans la culture de l’autre », exhorte Jérémie Rabiot, coordinateur de cette filière bilingue du Gymnase de Laufon. Néanmoins, il voit ce « mur se construire de plus en plus ».

Jérémie Rabiot : « L'intérêt pour le français n'est pas vraiment nourri dans le nord-ouest de la Suisse. »

Si Bâle-Campagne n’en est pas encore à repousser l’apprentissage du français, Jérémie Rabiot constate que « recruter des Jurassiens pour la filière bilingue ne pose aucun problème, on refuse même des places, mais l’intérêt du jeune Suisse alémanique pour le français n’est pas aussi important et le recrutement est plus sensible ». Il fait d’ailleurs remarquer que si Bâle-Campagne dispose de trois gymnases qui proposent des filières franco-allemandes (Laufon, Liestal, Münchenstein), les lycées de Bâle-Ville ne proposent, eux, que des filières bilingues allemand-anglais. /jpi


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