« L’abolition de la valeur locative est un mauvais signal pour les entreprises de la région »

La section jurassienne de la Société suisse des entrepreneurs redoute un manque d’investissements ...
« L’abolition de la valeur locative est un mauvais signal pour les entreprises de la région »

La section jurassienne de la Société suisse des entrepreneurs redoute un manque d’investissements dans les rénovations, ainsi qu’une augmentation des travaux non déclarés.

La section jurassienne de la Société suisse des entrepreneurs craint un manque d’investissements dans les rénovations suite à l'abolition de la valeur locative. (Photo : illustration libre de droits) La section jurassienne de la Société suisse des entrepreneurs craint un manque d’investissements dans les rénovations suite à l'abolition de la valeur locative. (Photo : illustration libre de droits)

Le « oui » prononcé dimanche à l’échelle nationale pour l’abolition de la valeur locative pourrait avoir des conséquences sur les entreprises de la région. La section jurassienne de la Société suisse des entrepreneurs appelait à refuser l’introduction d'un nouvel impôt cantonal sur les résidences secondaires. Elle craint à l’avenir un manque d’investissements dans les rénovations, qui ne pourront plus être déduites aux impôts, engendrant un affaiblissement de la branche du bâtiment et génie civil. La faitière redoute aussi une augmentation du recours au travail non déclaré dans le dessein de faire des économies sur la TVA ou les assurances sociales à la place. « Au niveau de la construction, la région est déjà confrontée à une baisse des investissements dans le domaine du génie civil et avec cet élément supplémentaire des entreprises devront peut-être réduire leur personnel. Je pense que les gens font en fonction de leurs moyens et que le fait que l’abolition de la valeur locative n’entre pas en vigueur avant 2028 ne va pas accélérer les rénovations avant cela », explique le président de la SSEJ Pierre-André Raboud, qui craint aussi que certaines entreprises renoncent à former des apprentis en cas de baisse du volume de travail.

Pierre-André Raboud : « Nous craignons une diminution des investissements dans les rénovations. »

La fin de la valeur locative entrainera un manque à gagner de 9 millions de francs pour le canton et les communes, selon une estimation du Gouvernement jurassien. L’entrée en vigueur n'est pas encore fixée, mais elle aura lieu au plus tôt en 2028. C’est ce qu’a indiqué dimanche la ministre des finances Karin Keller-Sutter. Cela doit laisser suffisamment de temps aux cantons pour s'adapter aux nouvelles conditions cadres. La ministre jurassienne des finances Rosalie Beuret Siess a confié à RFJ que la pertinence de taxer les résidences secondaires pour compenser la perte de l'impôt sur la valeur locative devait encore être évaluer. « Nous ne ferons pas l’économie d’une réflexion globale. Il n’y a pas un seul élément qui va permettre de compenser ces pertes ». /emu


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