Le grand banditisme marseillais au Château à Porrentruy

Un homme a comparu ce mardi devant le Tribunal pénal de première instance à Porrentruy. Fiché ...
Le grand banditisme marseillais au Château à Porrentruy

Un homme a comparu ce mardi devant le Tribunal pénal de première instance à Porrentruy. Fiché au grand banditisme marseillais, il est accusé de brigandage qualifié pour des faits commis en 2012, à deux reprises, aux Vacheries sur la commune des Genevez.

La police était déployée en nombre pour cette audience. (Photo d'illustration). La police était déployée en nombre pour cette audience. (Photo d'illustration).

Un important dispositif était déployé ce mardi au château à Porrentruy. Un hélicoptère a amené le suspect, incarcéré dans une prison vaudoise, pour le faire comparaître devant le Tribunal pénal de première instance. Une dizaine de membres du Groupe d’intervention de la police cantonale ont assuré la sécurité des lieux, car l’homme est fiché au grand banditisme marseillais.

Il est accusé notamment de deux brigandages qualifiés commis aux Vacheries sur la commune des Genevez en 2012. Un couple de personnes âgées avait été violenté et séquestré en mars et en août pour des objets de valeur et de l’argent. Le Ministère public a requis 5 ans et demi de détention, alors que la défense a demandé l’acquittement. Le jugement sera rendu jeudi.


Pas mis les pieds en Suisse depuis 30 ans

C’est un sexagénaire visiblement en forme qui a comparu devant la cour pénale. Il a passé les dernières années en prison en France pour des faits identiques commis en Alsace. Ce n’est qu’après la fin de la peine, en mars, qu’il a pu être extradé en Suisse pour y être jugé, alors que l’instruction est ouverte contre lui depuis 2014. L’homme nie l’ensemble des accusations. Il n’a plus jamais mis les pieds en Suisse depuis 1992 après une évasion d’une prison argovienne, de peur d’être arrêté par les forces de l’ordre helvétiques. Il affirme d’ailleurs qu’il n’a plus jamais sorti une arme depuis 1994 et ne reconnaît qu’un seul braquage, sur plusieurs, pour lesquels il a été condamné à 13 ans de prison. Au moment de son arrestation par la police française en 2012, l’accusé possédait quatre discothèques, une dizaine de bars et restaurants et comptait 200 salariés sur Marseille. Sa mise en détention a sonné le glas de ses activités : « Ils m’ont pris tous mes biens car ils n’avaient plus peur de moi. »


Le GPS dit le contraire

Le procureur Laurent Crevoisier affirme que son GPS indique sa présence aux Vacheries en août au moment des faits, tout comme deux jours avant pour un repérage. Son téléphone portable a aussi donné un signal à proximité direct de la frontière à la même période. De plus, il était en contact avec l’un des auteurs déjà condamné en 2015 par la justice jurassienne. Selon le Ministère public, les faits pour lesquels il a été reconnu coupable en Alsace démontrent le même mode opératoire.


Un dossier vide

La défense, assurée par Maître Theurillat, crie à l’amalgame entre la procédure française et celle suisse. Selon l’avocat, le Ministère public n’a pas réussi à prouver l’implication de son client dans les deux brigandages survenus aux Franches-Montagnes et a puisé dans le dossier français pour combler les lacunes du dossier suisse. Malgré les 42 classeurs de l’instruction, le « dossier est vide », selon Hubert Theurillat qui constate l’absence de preuves forensiques, telles qu’ADN, empreintes ou traces de pas. Son passé pénal ne suffit pas, selon lui, à déclarer l’accusé coupable. /ncp


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