« Chez Daucourt », les 120 ans d’un magasin de proximité à Fahy

Le commerce, fondé en 1905 par Léon Daucourt, aura fêté vendredi et samedi une rare longévité ...
« Chez Daucourt », les 120 ans d’un magasin de proximité à Fahy

Le commerce, fondé en 1905 par Léon Daucourt, aura fêté vendredi et samedi une rare longévité. Retour sur son histoire.

Étienne Jurdzinski (à gauche), et son équipe, prennent la pose devant le magasin « Chez Daucourt ». Étienne Jurdzinski (à gauche), et son équipe, prennent la pose devant le magasin « Chez Daucourt ».

Une longévité dont tous les commerces de proximité ne peuvent pas se targuer. Le magasin « Chez Daucourt », à Fahy, souffle vendredi et samedi ses 120 bougies. Pour fêter dignement cet anniversaire, le commerce a mis sur pied un événement festif. Au programme : verre et apéritif de l’amitié, atmosphère musicale, dégustation de chocolat, rabais sur la plupart des produits du magasin et sur l’essence. Un événement qui représente aussi l’occasion d’évoquer la riche histoire d’un magasin qui a la particularité de se trouver tout proche de la frontière française.

Une affaire de famille(s)

Fondé en 1905 par Léon Daucourt, agriculteur originaire de France voisine, le magasin passera ensuite dans les mains de son fils Louis, qui rendra de nombreux services aux frontaliers français manquant de vivres pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est lui qui ajoutera à l’épicerie une station-service, un des moteurs du commerce, dans les années 1960. À son décès en 1968, c’est son fils Jacques qui reprendra le flambeau, engageant en 1975 celle qui deviendra son épouse, Frédérique Jurdzinski. En 1986, le frère de Frédérique, Étienne, vient dépanner son beau-frère Jacques. Ce qui devait ne durer qu’un ou deux mois se transformera en quarante ans « Chez Daucourt » : Étienne Jurdzinski ne quittera plus le magasin, et en deviendra même le gérant dans les années 2000. Alors que le commerce a 120 ans, Étienne s’apprête, encore une fois, à transmettre l’affaire à proche parent, en l’occurrence son fils Quentin, une fois la retraite arrivée. Une affaire de famille(s) donc, qui explique peut-être en partie la longévité rare d’un magasin de proximité.

L’adaptation continuelle

Cette réussite doit, par ailleurs, certainement beaucoup à la capacité d’adaptation dont ont su faire preuve les gérances successives. Et pour cause : « Chez Daucourt » a dû faire face à de nombreuses turbulences au cours du temps, au gré d’événements tels que les crises pétrolières, la force acquise par le franc suisse, le COVID, les décisions politiques de part et d’autre de la frontière, les braquages et autres cambriolages. Sa situation revêt ainsi des inconvénients, mais aussi des avantages fluctuants. « Il y avait des périodes où certains produits étaient plus intéressants en Suisse pour les frontaliers français, d’autres où ça n’était plus le cas », explique Étienne Jurdzinski. Le produit phare actuellement ? « Le tabac, qui nous rapporte aujourd’hui 80% de notre chiffre d’affaires », répond le gérant, qui ajoute qu’il préférerait « vendre du chocolat à la place ». On l’aura compris, l’adaptation est le maître-mot « Chez Daucourt ». Gageons qu’elle le restera. Pour 120 ans supplémentaires ? /tbe

Étienne Jurdzinski : « Toujours s’adapter à toute situation. »


 

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