Les quatre secteurs les plus touchés par le recours aux mesures RHT sont particulièrement présents dans le Jura où l’on observe un « attentisme » des entreprises face aux incertitudes économiques grandissantes, explique le directeur de la CCIJ Pierre-Alain Berret.
L'incertitude économique grandit toujours plus dans le Jura. Et cela se voit dans les derniers indicateurs du chômage. Si le taux de chômage reste stable et recule même de 0,1 point sur le mois de septembre dans le canton, de plus en en plus d'entreprises demandent à bénéficier des RHT (Réduction de l’horaire de travail, équivalent d’un chômage partiel). Pas moins de 114 entreprises jurassiennes en ont bénéficié le mois dernier, soit 19 de plus que lors du mois précédent. « Tout semble paralysé et on observe surtout une espèce d’attentisme des entreprises qui réfléchissent peut-être à une nouvelle stratégie face aux droits de douane américains », pose le directeur de la Chambre de commerce et d'industrie du Jura (CCIJ), Pierre-Alain Berret.
Pierre-Alain Berret : « Le canton du Jura en particulier est très touché. »
Au ralentissement économique observé depuis deux ans se sont ajoutés les droits de douane américains à 39%, pénalisant très fortement les exportations suisses outre-Atlantique.
Horlogerie, machines, métaux et électronique sont les secteurs les plus touchés
Et le Jura est le canton qui trinque le plus. « Selon les chiffres du SECO, 80% des RHT se concentrent sur quatre secteurs : l’horlogerie, l’industrie des machines, l’industrie des métaux et l’électronique. Or ces quatre secteurs sont particulièrement actifs dans l’Arc jurassien. On a deux fois plus de demandes de RHT dans le Jura qu’à Neuchâtel qui est le deuxième canton le plus touché. Les cantons qui ont une économie davantage tournée vers les services sont moins touchés que les cantons industriels », dépeint Pierre-Alain Berret.
« Une de nos revendications est d’élargir les RHT à d’autres secteurs »
Mais la crise s’élargit aussi à d’autres secteurs que l’industrie. Dans la région, les Matériaux Sabag ont par exemple demandé à bénéficier des RHT pour le secteur « préfabrication d'éléments en béton » en usine qui n'est pas considéré comme relevant du domaine de la construction en principe non éligible à ces mesures de soutien au chômage partiel. Une information confirmée par son directeur Guillaume Jecker, précisant que la mesure concerne 45 collaborateurs.
« On a toujours espoir que cette décision des droits de douane puisse être infléchie. »
« Le ralentissement de l’industrie se propage à d’autres secteurs, dont la construction ou même le commerce de détail. Une de nos revendications maintenant à Berne est d’élargir le droit aux RHT à ces autres secteurs », milite le directeur de la CCIJ qui espère toujours que les négociations menées par la Confédération permettront d’infléchir ces fameux droits de douane à 39%. Et de prévenir : « Si cela reste durablement à 39%, il y aura d’autres conséquences ». /jpi









