Le journaliste delémontain d’origine galicienne publie un livre intitulé « Les chemins de la colère » dans lequel il raconte les dégâts causés par la crise financière de 2008.
Antonio Rodriguez parcourt les ravages de la crise financière de 2008 dans un livre. Le journaliste delémontain d’origine galicienne vient de publier un ouvrage qui s’intitule : « Les chemins de la colère ». Il a construit son livre comme un road trip à travers la crise économique qui le mène de la Galice espagnole au Jura, via la France. Antonio Rodriguez présente ainsi les témoignages de victimes des conséquences de l’effondrement financier qui a suivi la faillite de la banque Lehman Brothers aux Etats-Unis. Le journaliste qui travaille à l’Agence France-Presse (AFP) a été confronté directement aux effets de la crise financière de 2008 lorsqu’il a constaté qu’une nouvelle génération de Galiciens a été forcée à émigrer, comme celle de ses parents dans les années 60. « Je me suis rendu compte que les Galiciens étaient obligés de reprendre la même route et cela m’a mis hors de moi », confie Antonio Rodriguez. Le journaliste a également construit son récit autour du livre de John Steinbeck « Les raisins de la colère » qui évoque la crise de 1929. « Ceux qui paient les pots cassés, ce sont toujours les mêmes : les classes moyennes, les salariés, les émigrés et les retraités », analyse Antonio Rodriguez.
Antonio Rodriguez : « La faillite de Lehman Brothers et la crise financière qui a suivi, c’est encore ce monstre financier sans contrôle. »
La route suivie par Antonio Rodriguez ne lui est pas inconnue puisque c’est celle qu’il empruntait chaque été avec ses parents pour se rendre en vacances en Galicie. Le journaliste replonge ainsi dans ses souvenirs d’enfance au fil du parcours qui le confronte aux réalités des effets de la crise financière de 2008. La route a toutefois bien changé depuis son enfance et s’est transformée en un long serpent ininterrompu de camions qui alimentent l’axe de la mondialisation entre Lisbonne et Vilnius. Antonio Rodriguez fait également son auto-critique - ainsi que celle des journalistes- lui qui a couvert la faillite de Lehman Brothers en tant que spécialiste de l’économie à l’AFP. Il a ainsi utilisé des éléments de langage comme « dévaluation interne », par exemple, sans expliquer qu’il s’agit de baisser le coût du travail en procédant à des licenciements puis à des réembauches avec des salaires moindres.
Antonio Rodriguez : « Une dévaluation interne, dans les faits, cela signifie chômage et baisse des salaires. »
Le livre d’Antonio Rodriguez, « Les chemins de la colère », est publié aux éditions Bayard. Le Musée jurassien d’art et d’histoire à Delémont organise une rencontre avec l’auteur le 23 octobre à 20h. /fco










