Les patates foisonnent cette année. Si la nouvelle peut réjouir les quelques producteurs de tubercules jurassiens, elle a des conséquences sur la logistique. La filière est confrontée à une pénurie de palox. Ces caisses sur palette, qui peuvent contenir une tonne de pommes de terre, permettent de les transporter du champ en passant par les camions jusque dans les frigos des grands distributeurs. Jean Odiet de Boncourt connaît bien la problématique puisqu’il en cultive quatre hectares et demi, sur la douzaine que compte le canton, et propose ses services pour arracher les pommes de terre dans les autres exploitations. Nous l’avons rencontré dans un champ entre Coeuve et Courtemaîche. L’agriculteur estime la production cette année entre 45 et 55 tonnes à l’hectare, alors que l’année dernière, qui est qualifiée de mauvaise, avoisinait les 25 à 30 tonnes à l’hectare.
Jean Odiet : « Le but c’est de finir la saison d’arrachage. »
Ainsi les producteurs doivent stocker les patates dans des remorques en attendant de recevoir des palox, qui devraient arriver la semaine prochaine. En début d’année, les distributeurs et agriculteurs n’avaient pas estimé de manière assez juste la production et n’avaient pas donc anticipé, explique Jean Odiet. Si dans certaines régions les patates sont laissées en terre pour éviter d’être entreposées dans un hangar, l’agriculteur recommande de les arracher cette semaine. Les conditions sont, selon lui, très bonnes pour travailler dans les champs : « Si on attend, on ne sait pas la météo qu’on aura par la suite. Là, la terre se crible bien. On avance bien. Les patates sont propres. »
Le risque pour les pommes de terre
Les pommes de terre qui sont conditionnées dans des palox sont directement livrées chez les distributeurs et leur qualité est donc garantie. Par contre, pour celles qui sont entreposées dans des remorques, ça peut être problématique . « Si elles restent trop longtemps à la lumière ou dans des conditions pas assez froides, elles peuvent devenir vertes », explique Jean Odiet. Le producteur boncourtois souhaite éviter au maximum du gaspillage ou de la perte de culture. /ncp










