Un homme accusé d'assassinat devant les juges à Moutier

Le procès d'un homme accusé d'avoir abattu de cinq balles le nouveau compagnon de sa femme ...
Un homme accusé d'assassinat devant les juges à Moutier

Un homme accusé d'assassinat devant les juges à Moutier (BE)

Photo: KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

Le procès d'un homme accusé d'avoir abattu de cinq balles de revolver le nouveau compagnon de sa femme en février 2023 devant une station-service à Sonceboz s'est ouvert mardi au tribunal de Moutier dans une salle bondée. L'accusé n'avait pas supporté que sa femme le quitte avec ses cinq enfants pour un autre homme.

L'homme accusé d'avoir assassiné le nouveau conjoint de sa femme en février 2023 comparait ce mardi devant le tribunal. Il a avoué les faits, à savoir avoir tiré cinq coups de feu sur un homme de 57 ans devant une station-service à Sonceboz. 

« Il y a trois ans, je n'aurais jamais imaginé me retrouver devant un tribunal pour un homicide. Je suis ici pour assumer et exprimer mes regrets et mes remords à l'égard de la famille de la victime, de mon épouse, de mes enfants et de toutes les personnes choquées par l'acte de j'ai commis », a déclaré l'accusé arrivé dans la salle d'audience menotte aux mains et chaîne aux pieds.

« Je ne suis pas là pour nier les faits, mais pour vous expliquer dans quel état d'esprit j'étais. J'étais comme un robot, en pilote automatique », a expliqué le prévenu, affirmant avoir gardé des souvenirs confus.

« Je n'aurais jamais dû en arriver là », a-t-il ajouté, reconnaissant qu'il aurait dû discuter avec le nouveau compagnon de sa femme. « Mais j'avais une rage infernale ».

 

Cinq coups de feu

Après avoir ouvert le feu à cinq reprises sur son rival, le prévenu avait pris la fuite en voiture. À son arrivée sur les lieux de ce drame, la police cantonale bernoise avait découvert sur le parking de la station-service un homme grièvement blessé, gisant au sol. Malgré les premiers secours prodigués par des passants, la victime était décédée sur place.

La police avait alors lancé une chasse à l'homme pour retrouver le fuyard. Plusieurs rues de Sonceboz, un village situé à une quinzaine de kilomètres de Bienne, avaient été bouclées. Le fuyard s'était finalement rendu le même jour à un poste de douane à Bâle.

Les deux hommes établis dans la région se connaissaient. La victime âgée de 57 ans était le nouveau compagnon de la femme du prévenu, la mère de ses cinq enfants. L'accusé ne supportait pas que son épouse veuille divorcer et refaire sa vie avec son nouvel amoureux. À l'audience, il n'a cessé de répéter que son épouse était la femme de sa vie.

 

Sentiment de peur

Soutenue par l'une de ses filles, l'épouse du prévenu a dressé le portait d'un homme qui voulait contrôler sa vie et qui la harcelait. « J'avais énormément peur de mon mari », a-t-elle déclaré. « Je recevais des messages sans arrêt. » Elle a confié, entre deux sanglots, devoir maintenant être forte pour ses enfants.

« Il voulait l'empêcher de vivre avec un autre homme, l'idée qu'un autre homme prenne sa place lui était insupportable », a déclaré l'avocate de l'épouse, Me Alexia Tissières, qui a décrit un mari qui instaurait une relation de menaces. Les parties plaignantes n'ont pas voulu être confrontées au prévenu.

L'accusé doit répondre non seulement d'assassinat, éventuellement de meurtre, mais aussi de contrainte, d'injures, de menaces, de voies de fait pour avoir donné un coup de genou dans la jambe de son épouse et d'infraction à la loi sur les stupéfiants pour avoir consommé un joint de cannabis.

Le verdict du tribunal collégial de cinq juges devrait être rendu le 4 novembre.

/ATS

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus