Après le veto des ayants-droit à la sculpture de Jedd Novatt, le porteur du projet ne s’attendait pas à un tel revirement. Il y a quelques semaines, la conciliation avait permis de mettre d’accord l’ensemble des acteurs sur un emplacement à Saignelégier.
Les agriculteurs ont mis un nouveau frein à l’implantation de la sculpture de Jedd Novatt à Saignelégier. Les ayants-droit du pâturage où doit être érigée l’œuvre de l’artiste américain ont surpris tout le monde en refusant lundi soir en assemblée la solution trouvée lors de la dernière conciliation. Le score a été très serré : 4 voix contre, 3 voix pour et 5 abstentions. Dans un premier temps, la sculpture de 8 mètres de haut et d’une valeur estimée à un million de francs devait prendre place entre le Centre de Loisirs et le Halle-Cantine. La proposition refusée lundi prévoyait de l’implanter sur le pâturage communal à proximité du Centre de Loisirs. Le porteur du projet Gauthier Corbat s’est dit « abasourdi » par le refus inattendu des ayants-droit : « On avait réussi à trouver un beau compromis. J’ai une pensée pour le Conseil communal. »
L’entrepreneur ajoulot s’interrogeait aussi sur une fracture constatée au sein de la population jurassienne. « Il y a des gens qui veulent apporter des projets, saisir des opportunités. Ils veulent nouer le dialogue et c’est difficile, même les faits qui sont contestés. On n’est plus dans l’ère du doute, mais dans celui du soupçon. » Gauthier Corbat, qui voit dans l’implantation de cette sculpture une occasion de faire rayonner le Jura et attirer des visiteurs dans la région, avoue l’avoir ressenti sur d’autres projets dans lesquels il s’est investi.
Gauthier Corbat : « On peut dire que je me sens trahi. »
Contactée mardi matin, la maire de Saignelégier n’entend pas pour autant baisser les bras. Catherine Erba proposera au Conseil communal de déposer une demande de permis pour le projet auprès du Canton. Elle estime que le vote des ayants-droit n’a pas force de contrainte. /rce









